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On retrouve Tamio Kawaji, le héros de The warped Ones, dans un rôle quasi-similaire : branleur à la petite semaine qui vole de grosses bagnoles, squattant cette fois-ci dans une église totalement délabrée (symbole, yes...) et qui est toujours autant passionné de jazz ; ses héros sont les incontournables grandes figures black du genre et il s'éclate, en compagnie de son chien baptisé Thelonious Monk, sur ces morceaux échevelés. Quand l'occase se présente, il baisouille également une chtite spécialisée dans le rabattage de ricains. Mais plutôt que de se focaliser sur les errances du gars, Kurahara va cette fois-ci le confronter avec un gros G.I. black (comment se fait-il que les étrangers dans les films japs de l'époque soient toujours aussi mauvais ?...  Sauf mon respect mon vieux Chico Roland...), un type qui a dessoudé un de ses collègues et qui se retrouve avec toute la flicaille aux fesses. Quand Tamio croise dans son antre ce type à l'agonie - il a reçu dans la bagarre une bastos dans la jambe -, il exulte : il pense tenir sous sa main une personnification de l'un de ses héros et il se fait un bonheur de lui faire écouter ses précieux 33 tours ; malheureusement, pas de bol, il y a la barrière de la langue et le black agit comme une bête traquée : non seulement il lui pète ses disques mais dessoude aussi son chien un peu trop bruyant. Tamio déchante méchamment, conchie cet invité surprise, mais le destin n'en a pas fini avec les deux hommes : on assistera à un genre particulier de "buddy/enemy movie", nos deux héros se prenant tour à tour en joue avant de s'unir dans la fuite...

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Cela part un petit peu dans tous les sens et Kurahara, à force d'intervertir les rôles - c'est moi qui a le flingue, tu m'obéis, ah ben nan tiens maintenant c'est moi - nous perdrait presque un peu en route... Nos deux personnages vont finir, eux, par la prendre au volant d'une caisse aux allures de char de carnaval, le black grimé en blanc et le Jap en black. On ne sait pas trop où va mener cette infernale fuite en avant jusqu'à ce que les deux hommes qui semblent avoir toute la société à leurs trousses finissent par la jouer solidaire ; le final est en soi beaucoup plus prenant : après une séquence limite gore - extraction de la balle dans la jambe pourrissante du black -, nos deux buddies vont se retrouver dans un terrain vague en bordure de mer avec quinze mille bagnoles de flics qui les traquent. Le black, qui voulait voir la mer, va pouvoir réaliser son rêve avant de s'envoler littéralement dans les airs - peu banale cette utilisation d'un ballon sonde - lors d'un ultime pied de nez à ses poursuivants... Kurahara avec ce final trépidant finit par emporter le morceau, concluant dans un nouveau cri de rage le récit de nos deux fuyards... Les nuages ont l'air définitivement plus blancs ailleurs que dans cette société nippone délabrée... Nouvel opus plein de bruit et de fureur d'un Kurahara toujours capable de faire apprécier au passage sa caméra particulièrement virevoltante.

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