18670904_1_Pour finir en beauté - et je veux po être dur car Mon Idole pour un premier film d'un très jeune réalisateur-acteur français avait une certaine recherche - ce film "gros budget" si on en juge le casting - Dussolier, Baye, Lespert (que j'aime bien moi), Scott Thomas... en extra quand même - tente bien de nous perdre sur 12000 chemins de traverse avant qu'on soit soufflé par le dénouement (attention il y a une ruse si vous vous endormez en cours de route...) mais, on peut bien le dire à tout le monde, ça patauge beaucoup dans la semoule... Cette trame à la Hitch -tout l'accuse mais il est innocent le bougre- ferait rouler le Bouddha de rire par tant de facilité et si on pense parfois à Japrisot pour ce final "attendez putain je vous explique tout", c'est sans vouloir manquer de respect au Sébastien qui nous a quitté...

Bon allez, je sais pas vous mais moi je suis en vacances et je vais aller me bronzer les fesses sous les tropiques, c'était juste un ultime clin d'oeil blogaire pour la route... Promis sur le chemin du retour je jouerai aux jeux video...   (Shang - 13/02/07)


18670905Voilà un film qui a été un peu vite expédié par mon camarade... mais qui ne mérite effectivement guère mieux. Canet tombe dans tous les pièges des premiers films (je sais, c'est pas son premier, mais vue la qualité du truc, on peut le penser).

A commencer par le style même de son film, extraordinairement maladroit et bancal. Le pauvre gars ne sait jamais quel film il est en train de faire, et du coup ne sait jamais non plus comment aborder la mise en scène de chaque séquence. Naviguant jusqu'au vertige entre drame psychologique, polar noir, jeu de chat et souris effectivement à la Hitch, suspense, romance (à deux balles), Canet rate tous ces genres par sa frilosité sur chacun d'eux18670913. Plutôt que d'aborder frontalement et sereinement des choix, il préfère biaiser et toucher un peu à tout. Du coup, faute de repères, on est ébahi devant la naïveté et les clichés de chaque "idée", des flash-backs sirupeux au jeu grimaçant de Cluzet, des cascades de bagnoles qui n'ont rien à foutre là à la course-poursuite en pleine ville qui arrive d'on ne sait où et qui plombe le film. Certains personnages semblent arriver là uniquement parce qu'il y avait une star sous le coude (qui peut m'expliquer l'intérêt pour la trame du personnage de Baye ?), certains évènements parce que Canet avait sûrement des envies de court-métrages qu'il inclut dans le film (les rapports entre Marina Hands et Kristin Scott-Thomas, le milieu de la compétition hippique...). Finalement, Canet passe complètement à côté du seul aspect de son scénario qui aurait pû êtr18670908e intéressant, à peine esquissé : la dérive psychologique d'un homme qui a perdu sa femme, et qui la réinvente en croyant la voir à chaque coin de rue (là était le vrai scénar hitchcockien, Canet aurait mieux fait de revoir Vertigo plutôt que The 39 Steps). Ne le dis à Personne aurait pu être un film fantastique très joli, mais non, dans l'imaginaire étriqué de Canet, il faut une explication, un coupable, dommage.

Comme son scénario est aussi lâche, la mise en scène, bien sûr, laisse aussi rêveur de par sa maladresse. Comment filmer une trame aussi fourre-tout ? En faisant du fourre-tout. Et le gars de porter sa caméra à l'épaule pendant 2 minutes, puis de la poser en plans fixes, puis de l'utiliser pour zoomer sur les tics de Cluzet, puis d'accélerer les rythmes pour les écraser quelques minutes après. Inregardable, la mise en scène de Ne le dis à Personne est une école pour tout apprenti-cinéaste pour éviter les pièges. Ce n'est pas en montant une chanson de Jeff Buckley ou de U218670911 (quelle audace, quelle absence de consensus !) sur des séquences platounettes pour les doper un peu qu'on signe un film profond.

Quel intérêt alors, me direz-vous ? Ah ben c'est justement la question que je me posais. Peut-être la musique de M, pas mal, et la beauté plus que fantasmatique de Marie-Josée Croze, que j'épouse dès samedi si elle le veut.   (Gols - 07/04/07)