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Belle surprise de la part de la Cinémathèque française que de proposer jusqu'à aujourd'hui (et ce en hommage au festival de cinéma de Bologne Il Cinema ritrovato) ce carnet de voyage filmé d'Ella Maillart, l'une des figure de proue de ma douce. Des photos en noir et blanc et des films en couleurs de Stamboul à Caboul de son voyage effectué de 1939 à 1940 en compagnie d’Annemarie Schwarzenbach et de son périple effectué en solo aux Indes. Parfums et images d'un autre temps, d'une autre ère, non touristique, authentique alors même que l'Europe devenait folle (peut-on blâmer uniquement les dictateurs pour cette situation qui dégénère ? C'est une bien bonne question qu'Ella pose). Des hommes en blanc, à turban, souriant comme tout, des nomades passant les frontières à dos de dromadaires, des danses locales tourbillonnantes et des paysages secs comme un coup de trique. Ella elle a cette capacité en deux trois clichés à nous faire voyager, à nous montrer la vie telle qu'elle est. Il y a les images et il y a ses mots, extraits de sa correspondance avec sa mère, où elle ne cesse de se questionner, sur son indépendance (n'oublions point qu'elle est une femme, une femme qui n'eut jamais froid aux yeux), sur ce qu'elle en fait, sur le sens à donner à tout cela, sur ses doutes, sur ses petites joies et sur ses rencontres, des expats anglais "sur leur nuage" aux "natives" qui se dissolvent dans le sable de leur contrée. Une petite parenthèse vintage d'Asie qui donne irrémédiablement envie d'enfourcher sans plus attendre son chameau pour partir sous d'autres cieux inconnus. Beau cadeau pour tous les voyageurs à l'ancienne, les purs, les durs.

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