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Nouvelle et ultime saison pour cette série policière anglaise qui nous aura donné notre dose de plaisir total sans jamais faillir. Gloire en soit rendue, encore une fois, aux acteurs, véritable plus-value de ce feuilleton qui, sans eux, ne serait que d'honnête facture. Cette fois, les inspecteurs Miller (empathique et sensible, mais cette fois aussi bien couillue quand il le faut) et Hardy (froid et professionnel, mais cette fois assailli sur sa gauche par quelques soucis personnels qui fissurent l'armure) enquêtent sur un viol commis lors d'une fête arrosée à Broadchurch. Les suspects : une cinquantaine d'hommes tous invités à la fête, et dont la plupart sont plus ou moins douteux dans leur rapport avec cette pauvre Thrish, la victime : qui pirate son ordi pour l'espionner, qui est amoureux d'elle jusqu'à l'obsession, qui s'est fait mettre un vent par la donzelle, qui a couché avec elle le jour même, qui rôde façon prédateur et ment allègrement au policier... Les deux flics ont du pain sur la planche, et il faudra les longs entretiens de rigueur, la patiente observation du terrain, et les recoupages informatiques pour mettre la main sur le coupable, forcément inattendu, de ce viol.

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L'enquête se fait toujours dans le côté humain. Plus que les traces ADN ou les dépiautages de disques durs, c'est les rapports entre les acteurs qui font toute la texture des investigations. On sent que les auteurs de la série se sont renseignés sur les tout petits détails d'une affaire, qu'ils se sont beaucoup intéressés à la façon dont les flics abordent un entretien pour faire craquer un suspect, les mots employés lors des enquêtes. Broadchurch est ainsi très documenté sur l'aspect humain d'une affaire, rendue ici d'autant plus important qu'elle prend place dans une minuscule ville où tout le monde se connaît, envisagée comme une communauté refermée sur elle-même, dans laquelle le monde extérieur ne semble pas avoir de prise. On retrouve ainsi quelques personnages des saisons précédentes, et aussi d'autres, mais le nombre de personnages est très réduit, rendant la série simple et épurée. La droiture de la chose est d'ailleurs tout à son honneur. Certes, il y a bien la sous-trame de Mark Latimer qui repart sur les traces de l'assassin de son fils, ou celle de Hardy en froid avec sa fille, mais elles ne servent qu'à densifier un peu les personnages et n'entravent jamais la merveilleuse simplicité de la trame principale. On reste dans la patiente enquête, dans les petits rebondissements qui vont mener à la vérité, et si quelques dialogues entre les deux protagonistes principaux viennent de temps en temps ponctuer l'action, c'est pour rajouter une touche d'humain dans le scénario.

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Au niveau mise en scène, on reste dans le classique, là aussi le plus près possible des petites variations de jeu des acteurs. Mais on note quand même que le contexte est particulièrement bien rendu : ce décor de plage et de falaise, ce commissariat en bois, tout y est pour accentuer le côté petite bourgade tranquille, qui cache bien entendu les sentiments les plus sombres. Et puis les gars excellent à y planter des saynètes à la fois pathétiques et tragiques, et on aime ce réalisme social, ces losers, ces femmes trompées, ces flics aux prises avec les soucis domestiques, et on se love doucement dans cette série parfaite, cohérente et très attachante.