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Voilà une petite rareté de l'ami Walsh aussi vivifiante que le parc national de Californie (avec sa forêt de séquoias géants) où il a été tourné. Dès le départ on est dans le move en suivant les pas de la sauvage jeune femme du titre : Joan Bennett, aussi blonde que les blés s'il y en avait, semble particulièrement intrépide. La chtite se retrouve le centre de l'attention de différents mâles du coin : le plouc Rufe Waters (Irving Pichel), le joueur gentleman Jack Marbury (Ralph Bellamy) et le politicard pervers Phineas Baldwin (Morgan Wallace). Aucun n'a vraiment les faveurs de la belle qui attend son prince. Il apparaitra sous les traits du borzagien Charles Farrell en balade dans le coin pour accomplir une sombre vengeance. Dès qu'ils se croisent (elle, nue dans l'eau, brrr, lui classieux sur son cheval), c'est le coup de foudre : elle joue l'effarouché, lui le timide mais la flèche cupidonesque a bien été tirée... Tout va pour le mieux dans le meilleur des parcs ? Ah mon Dieu, que nenni, puisque le Charles, meurtrier-vengeur, va se retrouver condamné à être pendu, que le voisin de la Joan, le paisible Red Pete, soupçonné de vol, va être condamné à être pendu, et qu'un certain Laramy veut tuer le père de l'héroïne... Les courses-poursuites dans les bois sont moult, les rebondissements foison et les surprises multiples. De quoi réjouir bien entendu le spectateur malgré l'ombre qui ne cesse de planer sur cette romance aussi fébrile que les petites lèvres de la Joan.

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Le "set naturel" est magnifique, l'action toujours au rendez-vous, le rire souvent présent (Eugene Pallette, le conducteur de diligence excelle dans les bruits de bouche lorsqu'il narre une quelconque histoire), la sensualité douce (Joan est bien nue, j'ai vérifié image par image), le drame parfois terrible (on assistera bien, contre toute attente, à une pendaison qui fait froid dans le dos - de la préparation de la mise à mort à l'image de l'ombre du pendu, Walsh montre toute l'étendue de son talent dans la dramatisation). Joan, alors même que le Charles qu'elle n'a croisé qu'une fois va être pendu, ose s'approcher de lui et lui donner un tendre baiser devant tous ses prétendants visiblement atterrés... On ne peut croire que cette histoire d'amour ne puisse avoir lieu et Walsh joue intelligemment la carte du suspense. Romance mais aussi tension constante entre ses hommes qui ne peuvent se sentir les uns les autres : si Farrell, que l'on pensait un peu tendre, n'hésitera pas une seconde lorsqu'il devra se faire justice, Bellamy aura également l'occasion de prouver dans quel bois il est moulé lorsqu'on tente de le provoquer (gentleman ou fumier, il aura le choix des rôles à jouer). Le politicard (tous pourris, putain) se montrera on ne peut plus pressant auprès de la ptite Bennett et cette dernière devra faire preuve par deux fois d'astuce pour échapper à ce saligaud (qui tombera dans le marigot, bienheureusement). On frémit donc tout au long de ces quatre-vingt minutes qui montre toute la maîtrise une nouvelle fois du Walsh dans la direction d'acteurs, dans l'utilisation du parlant et de son décor. Une œuvre de très très bonne tenue dans cette filmo des thirties faite de hauts et de bas.

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 Walsh et gros mythe