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Gary Cooper en ex-shérif plein de sagesse comme s'il était déjà en fin de carrière - cinématographique -, Richard Widmark en joueur de poker avec cet éternel petit sourire en coin - mais plein de respect pour ce Gary à la voix si douce -, Susan Hayward en femme vénale mais pas que, qui n'aimait peut-être pas tant mais qui aimait quand même, qui ne veut plus aimer mais qui pourrait quand même (une femme compliquée ou juste un portrait classique de femme...), un trio aiguillé à la fois par la soif de l'or et par un vernis humaniste (sauver un homme pris dans l'éboulement d'une mine) qui va revenir à la douce réalité des choses (l'amitié virile, l'amour si dur parfois à admettre, à avouer) alors même que les Apaches titillent leur instinct de survie. Les personnages sont peu diserts - mais à la limite, on les cerne au premier coup d'oeil : pas besoin de longs dialogues illustratifs, c'est toujours cela de gagné - et l'on finirait presque, à suivre ce récit très linéaire et simpliste, par se demander s'il s'agit bien des véritables héros de l'histoire. En effet, dit-il pour préciser sa pensée, il y a deux autres hommes au générique qui semblent s'être accaparés une grande place dans l'histoire : un certain Bernard Herrmann et un bon vieux Milton Krasner.

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Avouons-le franchement, ce qui sidère réellement dans ce ce film, ce sont les décors naturels mexicains (quoique les effets spéciaux soient également joliment réussis : toutes les scènes au bord du ravin notamment où les Apaches feront forcément les malins...) les couleurs à tomber (entre le gris et l'orange pour donner les teintes principales de la palette) et la musique quasiment omniprésente d'un Herrmann en pleine bourre : roulements de tambour martiaux, cuivres retentissants, cordes insidieuses, l'ami Bernard sort tout le barnum pour tenter d'apporter un souffle musical à ce "south-ern" aux allures de road-movie. L'angoisse, le questionnement planent à l'aller dans notre petite troupe - quelles sont les motivations de chacun dans cette équipée en terre sauvage, l'homme auquel ils sont censés porter secours existe-t-il vraiment, est-il toujours en vie ? -, l'angoisse, la mort planent au retour - les Apaches prennent un malin plaisir à descendre un à un ces hommes qui jouent à sauve-qui-peut : à chaque fois Hermann s'emploie à trouver le mouvement de cordes adéquat ou le bon éclat des cuivres pour nous faire passer de la trouille au suspense et vice versa. Coup de chapeau, donc, à nos deux grands "techniciens" du cinoche qui donnent un peu de relief à ce récit souvent un peu trop prévisible - le sentencieux Cooper, le malin Widmark, l'indécise Hayward... mouais, un ptit air de déjà vu...   (Shang - 16/10/13)

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Bien d'accord avec mon compère : s'il n'y avait Herrmann, les figurants Apaches et les décors, on se demanderait un peu où est passé le réalisateur là-dedans. Très fonctionnel et clicheteux, le scénario n'aide déjà pas beaucoup ; mais quand on voit la fadeur de certains plans (j'exclue les plans d'ensemble, grandioses, avec ces tout petits cow-boys qui traversent d'immenses étendues désertes, et ces groupes d'Indiens qui les cernent peu à peu), quand on voit les ombres des acteurs se projeter sur la toile peinte, quand on voit la difficulté d'Hathaway à filmer ces longues scènes d'attente sans action (n'est pas Ford qui veut), on se dit que le gars Henry a préféré aller visiter la plage de Cancun plutôt que de fignoler ses plans. C'est bien dommage, parce qu'il avait à sa disposition deux acteurs volontaires, qui font tout pour épaissir un peu des personnages assez minces. On aime par exemple ne rien savoir de la biographie de ce sheriff taiseux (Cooper), ou qu'on nous laisse imaginer le passé chaotique du joueur de poker (Widmark) ; mais à force de les rendre quasi-abstraits, cantonnés à leur symbolique (le héros, le malin), ils n'ont plus rien à jouer. Tout comme Hayward d'ailleurs, dont le couple fonctionne mal avec ce gars égoïste et mesquin, et qui ne semble être là que pour camper la femme-courageuse-à-cheval et exciter les appétits des seconds rôles barbus. Alors, c'est vrai, les figurants font de super chutes (il y en a un qui se bouffe un arbre, à mon avis il est mort), la fin est héroïque comme il faut (Widmark fait super bien le mec qui meurt), mais le constat est simple : on se fout un peu de ce qui va arriver à nos gaillards : à force de ne pas les dessiner, Hathaway les a rendus inexistants. Achetez plutôt le disque que le DVD.   (Gols - 11/03/15)

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