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S'inspirant du procès de Lucky Luciano, Robert Rossen et Abem Finkel troussent ce solide scénario qui fait la part belle aux femmes. Unies quand il s'agit de se taire pour couvrir leur boss dont les méthodes d'intimidation sont plutôt radicales, unies pour l'accuser quand le ras-le-bol (doux euphémisme) l'emporte sur la peur, ces prostituées font corps (moui) au moment opportun... Bacon aime à les filmer marchant d'un même pas dans la rue ou assises en rang d'oignon lors d'un procès historique. Entre-temps bien sûr, il y aura la valse des hésitations mais il y a des limites aux assassinats (la chtite soeur de Bette Davis entre autres, petite universitaire voulant jouer dans la cour des grandes) et aux coups (c'est la Bette avec sa grande gueule qui morfle le plus). Pour les défendre, un Humphrey Bogart encore relativement tendre qui va devoir essuyer une première défaite avant d'être capable de remobiliser la gente féminine.

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Bacon signe un film dans les thirties qui a sacrément du rythme, faisant le pari de s'intéresser plutôt à ces femmes qui subissent qu'à ces gangsters qui agissent. Eduardo Ciannelli campe tout de même ce boss avec la tronche de l'emploi - il tire la gueule de bout en bout -, capable de te goupiller une baffe à la vitesse de l'éclair ; Bacon détourne toutefois pudiquement la caméra pour les passages à tabac ou les meurtres. Mais ce sont donc bien les femmes qui sont au centre de l'histoire, Davis en particulier ne cessant de la ramener en se croyant plus maline que tout le monde. Elle parvient à se faire respecter dans ce milieu malsain mais finira par tomber de très haut : touchée de plein fouet par la mort de son innocente soeur, elle décide enfin de passer le braquet supérieur pour s'attaquer à ce patron soi-disant indétrônable. Ca papote tant et plus dans cet appartement où ces femmes, au petit matin, trouvent refuge avant de retrouver l'allant pour sortir chaque soir et dragouiller des crétins de provinciaux (dixit Ciannelli) bons qu'à se faire plumer. Elles semblent persuadées, vu leur peu de bagages, de ne pas avoir le choix pour continuer à mener une vie "décente" - en gros ne pas avoir à se priver de mangeailles pour pouvoir s'offrir leurs toilettes... Seulement voilà, à trop vivre sur le fil du rasoir... Exact. La Bette en fait comme d'hab parfois un peu trop avec ses yeux globuleux - je suis enfin parvenu malgré tout à la trouver très mimi (pour une fois qu'elle vire sa sale coupe de cheveux) lorsqu'elle est... en prison - mais s'assagit (faut voir cela dit la rouste qu'elle se prend) dans la dernière partie du film. Le final est particulièrement réussi - et touchant - avec ce Boggy, à la fin du procès, un peu emprunté, cette Bette terriblement lucide et sans illusions et ces femmes, une fois de plus en grappe, qui disparaissent dans un épais brouillard... Un Bogart - qui m'avait jusque-là échappé - au secours des femmes... et également amoureux d'elles puisque, pour la petite histoire et pour Nelson Monfort, il rencontrera sur le plateau celle qui deviendra sa troisième femme, Mayo Mathot. Trop fort ce Boggy.

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