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Voilà un film de cape et d'épée signé du grand Tourneur qui décape et repaît. Burt Lancaster accompagné de Nick Cravat - rablé, muet mais costaud l'enfant - et d'une ribambelle d'acrobates et de cascadeurs font le spectacle tout du long : sauts sur les toits, combats à l'épée, au flambeau, à la branche d'arbre, exercices d'équilibriste, montées de corde, de poteau, sauts périlleux dans tous les sens, j'en passe et des meilleurs, on s'en prend plein les yeux durant 90 minutes ; l'on rêverait presque de découvrir le film lors d'un dimanche aprème brumeux de notre enfance et de s'entendre dire "plus tard, je veux faire Jacques Tourneur". Je ne connaissais point ce divertissement historique du gars Jacques (un peu de sérieux, tout de même, on est au XIIème siècle et l'Empire germanique a envahi la Lombardie) et c'est bien dommage : le cinéaste fait preuve d'un extrême brio dans la mise en scène pour donner l'impression que l'action fuse de bout en bout de tous les côtés ; le final est un modèle en soi avec ces gens du cirque itinérant qui donnent finalement l'assaut contre les troupes et le château du comte Ulrich de Hesse, surnommé "Le Faucon" et passant pour un vrai. Lancaster qui exécute apparemment lui-même l'essentiel des cascades s'en donne à coeur joie pour bondir de fenêtre en fenêtre et parvenir à remettre la main sur son bien le plus précieux, son fils... L'histoire est loin d'être d'une originalité folle (Burt Lancaster est à la tête d'une bande de Robin des Bois qui tentent de tenir tête au méchant Comte qui détient par ailleurs son fils (la première femme vénale de Burt s'est remariée avec le Faucon, voulant donner à son fils une éducation digne de ce nom...)) mais elle est menée sur un rythme si trépidant - avec tous les passages obligés du genre (attaque contre les soldats du Comte en expédition, délivrance de personnes à ça d'être pendues, enfumage du Comte pour faire croire à la mort de Lancaster, assaut final qui part dans tous les sens mais qui demeure parfaitement réglé pour qu'un acrobate parvienne toujours à faire le show quelque part sur l'écran...) qu'il est bien difficile de faire la fine bouche devant cette belle réussite vintage. Si Flynn tentait ne serait-ce qu'une cascade de Lancaster, il en perdrait sa moustache.

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Pour amener une petite touche romantique à la chose, notons la présence de Virginia Mayo absolument divine : qu'elle exhibe ses gambettes ou qu'elle fasse la moue parce qu'elle trouve son traitement un peu sordide (elle passe une bonne partie du film avec une chaîne autour du cou... Voilà qui devrait faire plaisir aux Chiennes de Garde qui doivent tenir leur nom de cette oeuvre), elle illumine à chaque fois la pellicule. Le Lancaster est un dur à cuire (il la conspue, veut à peine la toucher, la regarde dans les yeux, lâche un "t'es belle" malgré lui et l'embrasse farouchement... Aaah, petit sauvage, va) qui se méfie comme de la peste de cette noble qui semble vouloir prendre leur parti. Comme il a l'habitude d'être trahi, il est normal que cet "Homme des Montagnes" soit méfiant... mais on voit mal ce qui pourrait l'empêcher au final de craquer pour la belle Virginia. Un baiser fougueux viendra clore les débats de ce spectacle trépidant. On en prend plein les mirettes. Pas une ride.

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