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L'abus d'alcool n'est pas dangereux que pour la santé. Il peut s'avérer également l'être pour son couple. Attention, je parle bien de ce film de Siodmak où l'assistant du procureur, un certain Cleve Marshall (l'excellent Wendell Corey), décide dans le bureau de son chef de se laminer la tronche : a po envie de rentrer chez lui et de se taper, en the file on thelma jordonparticulier, son beau-père... C'est là que survient en pleine nuit, comme sortie de nulle part, la fée Barbara Stanwyck dans, disons-le, l'un de ses rôles les plus finauds. Un mirage, un rêve ou... le début d'un cauchemar - je rappelle qu'on est dans un film noir, sans vouloir influencer les lecteurs de cette chronique qui, en cette journée particulière, se demandent encore s'ils sont barbouillés à cause des huîtres ou des 42 shots de téquila - l'abus d'huîtres est... Cleve à la recherche d'une âme soeur (hum, hum) l'entraîne dans un bar et ne pourra s'empêcher, bourré comme un coing, d'embrasser la belle. Il ne pense franchement po la revoir après cette véritable inconduite mais comme le lendemain elle se pointe devant son bureau pour lui présenter... son briard (quand une femme vous présente son chien, c'est dans la poche), le Cleve ne peut s'empêcher de se lancer dans une liaison fougueuse... Ils se cachent comme deux ados pour se rouler des palots (la Barbara est, elle aussi, d'après ses dires, également mariée) et le sérieux Cleve de s'engager sur une mauvaise pente... Il fait malgré tout un peu moins le malin quand la Barbara l'appelle suite au meurtre de sa tante... Ça commence à sentir le méchant coup fourré d'autant que la coquine Stanwyck est couchée sur le testament. Pour corser le bazar, Cleve se retrouve, du côté de la défense, en charge du dossier. Ouille.

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Siodmak prend tout son temps pour poser ses deux personnages principaux et nous conter cette romance entre une Barbara douce comme du cachemire et à qui on donnerait le bon Dieu sans confession et ce Cleve totalement magnétisé par cette créature tombé du ciel... Siodmak n'a pas besoin de charger la mule au niveau des effets propres au genre (même si une grande partie de l'action se déroule la nuit - en particulier ce meurtre où la vieille tante, gun en main, s'avance dans la pénombre... Pan un coup de feu !? Est-elle simplement maladroite, la vieille ?...), tout le suspense reposant sur les épaules de la Barbara dont on se demande, pratiquement jusqu'au bout, à quel petit jeu elle joue vraiment (purement vénale, sincère en amour, machiavélique, allumeuse ?... Il ne faut en tout cas, sans vouloir donner d'indice, ne po la laisser avec un allume-cigare dans les mains... Clair). C'est d'ailleurs sûrement le jeu des acteurs qui demeure le vrai plaisir de la chose entre un Wendell Corey absolument parfait en type qui assume toutes les conséquences de ses actes et une Barbara Stanwyck constamment sur le fil du rasoir. Siodmak, dont la filmo demeure proprement fascinante, livre en tout cas une nouvelle belle petite contribution au genre, à défaut de réaliser un chef-d'oeuvre.

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