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The Hangover peut prétendre haut la main au titre de la grosse déconnade de l'année, pas le genre de film qui répondrait forcément aux diverses questions existentielles que l'on pourrait se poser, juste une tranche de grand n'importe quoi qui ne peut pas faire de mal. Un enterrement de vie de garçon à Las Vegas entre quatre gaziers de base (le dentiste à la vie étriquée, le beau gosse qui se la pète, le gros nerddddd (un gamin avec de la barbe, c'est ça : Zach Galifianakis en free lance et en slip kangourou (au mieux)) et le futur marié relativement "effacé"), un petit cocktail alcool-drogue assez explosif, et on se réveille le lendemain en se demandant bien quelles sont toutes les conneries qu'on a pu faire la veille; totalement amnésiques et ayant perdu en route le futur marié, nos trois bras cassés restant vont tenter de retrouver la piste de celui-ci tout en essayant d'éclaircir diverses énigmes : que fait ce tigre dans les toilettes, pourquoi ont-ils une bagnole de flic à la place de leur Mercedes, que fait ce Chinois nu dans leur coffre, pourquoi l'un d'eux a perdu une dent... Bref, plus c'est énorme et plus l'on sait qu'on doit s'attendre au pire dans l'explication et si le rire n'a pas la finesse d'un string, ça fait po de mal de voir un scénar qui lâche autant les chevaux... Lors du générique final, on aura droit à un bonus des photos prises dans la soirée et on ronge un peu son frein en se disant que Phillips finalement n'a pas eu l'air d'assumer les pires écarts (notamment sexuels) de sa troupe de potaches... Une sorte d'autocensure bien dommageable : quitte à toucher le fond dans le délire, autant y plonger la tête la première et s'y immerger totalement. D'autant qu'il faut reconnaître que le scénario devient un peu poussif sur la fin, comme si là encore, Phillips se faisait un devoir de rentrer gentiment dans les rangs... Bref une occase pour se laisser aller à rire grassement même si on était prêt à se taper, tant qu'à faire, plus de/la couenne...   (Shang - 19/12/09)

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C'est ça : on se marre bien, mais on reste quand même pas mal sur sa faim au bout du compte. C'est fou comme ces nouveaux cinéastes de comédie américaine, sous des postures d'insolence et de punk-attitude, sont de grands moralisateurs frileux. Comme le remarque le Shang, ce n'est que dans les photos finales qu'apparaît réellement ce qu'aurait pu être le film s'il n'était écrit et dirigé par de timides puceaux soucieux de plaire au public. C'est bien dommage, on aurait apprécié de voir ces scènes "scandaleuses" flirtant avec la zoophilie ou le viol de grosses mémées... Au lieu de ça, Phillips se contente d'être légèrement malpoli, entendez qu'on voit les fesses d'un mec moche et qu'on s'amuse avec un bébé. Il y a derrière tout ça une posture assez réac (le film est crypto-homophobe), et une tendance effrénée à rentrer à tout prix dans les rails à la fin, le modèle étant : on peut déconner, certes, mais jusqu'au mariage seulement. Il y a plus d'irévérence dans le moindre plan de Marco Ferreri que dans l'ensemble de ce film régressif et bien propret.

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Cela dit, c'est vrai que c'est souvent assez drôle, surtout grâce aux acteurs et aux situations absurdes que Phillips a su leur trousser. Une certaine tendance au non-sens, en tout cas à la surenchère qui fait mouche ; la somme des désastres qui s'abat sur ces quatre garçons est impressionnante, et leur façon systématiquement naze de les résoudre finit par faire franchement sourire. Les sorties débiles de l'un, le glamour caricatural de l'autre, le conformisme aveugle du troisième et l'hébétude du dernier, forment un joli quatuor de bras-cassés, et on jubile de les voir s'enfoncer dans les problèmes, même si toutes les inventions ne sont pas formidables (la rencontre avec Mike Tyson n'est pas drôle). La réalisation est fonctionnelle, voire maladroite (ces plans clipesques sur Las Vegas, cette sur-utilisation gavante de la musique), le tout pas toujours très inspiré, mais on passe un moment agréable. P't'êt quand même me taper un Garrel ce soir, moi...   (Gols - 30/05/11)

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