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Partir au bout du monde (Londres... C'est déjà super loin pour un Parisien) avec celle que vous aimez ou hériter d'un petit atelier qu'un vieil homme, sur le point de mourir, a décidé de vous léguer... Indécision, indécision (allez, suivons l'amour, toujours ! Ah est parti l'amour ?...) et parfois le destin de finir par choisir gentiment à votre place (Bon ben je vais me concentrer sur le taff alors...). On sent que le Garrel connaît par cœur son petit Carax illustré (des courses dans les rues de Paris filmées à grands coups de travelling supersonique, des dialogues en off pendant que deux personnages sont côte à côte dans une bagnole...), entre clin d’œil et copier-collé peu original. Il y a aussi de multiples petits tics agaçants (l'omniprésence de la musique, les dialogues pseudo-poétiques qui sonnent un peu creux, les citations qui se battent entre elles, les longs pleurs genre "la vie est trop dure et l'amour trop difficile à comprendre", ce besoin de rester dans le micro-milieu des théâtreux ou encore ces pauvres jeunes Parisiens qui stagnent au comptoir des bars avec leur cheveux gras, sûrement à force de se prendre la tête à deux mains pasque eux aussi, putain, ils en chient (quelle fille choisir ? Lolita, Marie ou Ariel ?)) mais bref, on a décidé, malgré tout (je suis dans un bon jour et puis il nous est sympathique, avouons-le, ce Louis, sinon on ne se pencherait point sur son film...), de ne pas être trop dur avec ce premier film.

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On sent que Garrel fils a cherché à travailler une certaine élégance dans ses plans, que la caméra pannote doucement lors d'une discussion ou qu'elle glisse sur des visages filmés au plus près après des ébats amoureux, à fignoler chacun de ses cadres et à soigner son noir et blanc - très pâlichon au départ mais joliment contrasté par la suite, notamment lors des séquences nocturnes. Arthur Iqual, dont on a un peu peur au départ qu'il calque trop son jeu sur celui de son néo-metteur en scène, fait preuve d'une belle spontanéité, Léa Seydoux d'une vraie sensualité (photogramme ci-dessus : spéciale dédicace pour un de nos lecteurs apparemment fan de l'anatomie de la belle - je le comprends...), le personnage le plus attachant restant sans doute Albert, ce vieux tailleur, qui couve du regard son protégé mais sait, en temps utile, faire preuve d'une saine colère. Un essai romantico-poetico-existentiel tout de même prometteur en espérant que, pour le prochain, Garrel (dont l'héritage est certes lourd) trouve un ton plus personnel, surfe sur sa propre vague.

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