L'humour doit être définitivement une question de culture. Je veux bien admettre que l'histoire de cet écrivain soit une mise en scène loufoque sur le culte de la personnalité mais franchement le haut degré comique me passe autant au-dessus qu'un albatros planant. Cet homme au bord de la crise de nerf tyrannise son entourage, passe son temps à demander de la thune à droite à gauche, et tire un petit coup ici ou là - pour peu que ce ne soit pas avec sa femme qui compte les jours. Le rythme est certes soutenu du début à la fin, ce qui est un véritable coup d'éclat chez Fassbinder, les dialogues hystériques fusent comme des coups de latte, mais il me fut extrêmement difficile de rentrer ne serait-ce qu'un orteil dans cette mascarade hurlante.

Satansbraten_Lisa

L'auteur se prend pour Stephan George, organise des soirées spéciales style XIXème avec de jeunes éphèbes, fait des citations à tour de bras et l'ensemble de me laisser tout pantois... Le reste de l'intrigue est tout autant décousu et bordélique, le gars naviguant entre une amante sado qu'il flingue, une ancienne fan qu'il humilie, une prostituée dont il abuse et une ancienne amante -Ingrid Caven, pour une fois avec le teint presque rosé. Sa femme est une matronne despotique, son frère un idiot qui ne pense qu'à "baiser les mouches" -si, si- et le délire de cette cage aux folles fassbinderienne carbure certes à l'acide mais a également eu  le don de ronger un à un mes pauvres neurones. Je me demande si je ne préfère pas autant la veine glauque du gars. En deux mots, cet essai comique m'a abattu comme une mouche - diable, je traverse peut-être une mauvaise phase.   

satansbrew32

Fassbinder ist in there