Conversations_with_Other_Women_1185052681Ah c'est bien ausi de se taper de temps en temps un bon gros nanar qui ne se contente pas d'être nul, mais qui vous fout en rogne. Ca vous met un coup de fouet, et ça aide à repartir. Cela dit, je ne conseillerais pas Conversations with other women, faut pas pousser. D'une durée avoisinant les 14h16 (alors qu'il dure 1h21), ce machin repose sur une seule idée : montrer un couple qui se retrouve après des années de séparation uniquement en split-screen, l'écran étant coupé en deux parties du début à la fin. Je ne sais pas ce qui a pris à Hans Canosa le jour où il a eu cette idée : il a dû se dire au pire que c'était trop fashion, au mieux que ça lui permettrait de parler de la solitude au sein du couple, de montrer la frontière qui sépare inéluctablement ces deux-là. Aaron Eckhardt, l'homme (pure tête à claques dès le début, sorte de Roch Voisine aryen et insupportable de roublardise) et Helena Bonham Carter, la femme (hilarante quand elle se la pète, effrayante quand elle veut faire rire) vont donc passer leur temps à silloner leur petit bout d'écran, et à échanger des répliques sur le couple aussi profondes que : "Parfois, les gens qui s'aiment se font beaucoup de mal" (je crois que c'est dans Bergson, à vérifier).

conversations_femme_17Le procédé non seulement ne donne rien, mais en plus brouille le regard, donne une migraine carabinée, et permet de s'affliger deux fois plus : les champs/contre-champs sont du coup présentés en même temps, et mettent encore plus en évidence le jeu minable des acteurs. Canosa se rend compte de temps en temps qu'il va avoir du mal à passionner avec ce gadget pendant les 14h16, et utilise son split-screen pour donner deux angles différents à son plan, pour des flash-backs surrannés, ou des découpages warholiens d'un même plan, voire pour développer une trame fantasmée. Mais rien n'y fait : ça reste une ficelle, et comme c'est la seule idée du film, elle finit par sortir par les yeux. C'est naze au niveau de la vision des hommes et des femmes, ça se prend pour le Bergman de Scènes de la Vie conjugale et c'est du Alexandre Jardin période Le Zèbre, c'est mal joué, mal tenu, horriblement roublard... Que ce film brûle en enfer.