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Cette série qui avait commencé sous les auspices les plus funs finit dans la désolation totale, et on sent que même les créateurs doutent de leurs idées et ont envie de plier bagage pour cette saison de trop (comme l'étaient les trois précédentes, oui, ok). Littéralement ensevelie sous un déluge de fracas et de mouvements de poule sans tête, cette ultime (nous dit-on, et il serait grand temps) saison se veut grandiose et inoubliable, donc dans un paroxysme de tous ses motifs. Un petit groupe de mercenaires envoyé par les flics ayant réussi à infiltrer la banque, nos héros complètement désaccordés depuis la mort d'un de leurs piliers, El Professor aux abonnés absents depuis qu'il doit gérer à la fois la plus grande attaque de l'Histoire espagnole et la naissance d'un bébé dans son giron (...), on peut s'en donner à cœur joie dans le délire baroque, laisser tomber toute logique ou toute vraisemblance et ne plus se livrer qu'à la joie salutaire de casser ses meubles. Conscients de leur fin prochaine, les auteurs mettent dans cette dernière mouture toutes les idées qu'ils auraient aimé exploiter si la série avait été plus longue : c'est donc un grand n'importe quoi, certains revirements de situations (l'arrivée d'un nouveau gang ! à l'avant-dernier épisode !) venant remplir un cahier des charges déjà bien saturé. Mais tout se résout miraculeusement en trois minutes finales, à croire qu'on nous a pris pour des faisans de la veille avec cette tension solennelle qui pesait à chaque retournement de situation, à chaque difficulté nouvelle. Bah tout était calculé, les sueurs du Professor n'étaient que pour la frime, et chacun repart avec ses millions en poche. C'est consternant de vacuité et de roublardise, efficace envers et contre toute velléité de caractère, de logique, de scénario, de crédibilité. On n'a de toute façon guère le temps de réfléchir, tant tout s'enchaine dans un chaos très fatigant, tant le film jongle avec un air de petit malin avec les flash-back inutiles histoire de nous endormir, ou avec les scènes d'action (et cette saison s'apparente à un Rambo bas du front) pour nous éblouir. On ne verra donc pas que les personnages ont fini par nous devenir indifférents, interchangeables et invincibles, voire par nous énerver sévèrement avec leurs crises d’angoisses amoureuses en plein échange de coups de feu et leurs louvoiements psychologiques à deux balles ; que le scénario ne tient plus à rien du tout, tout se résumant à une guerre entre bons (les bandits) et méchants (les flics) qui tourne à vide ; que tout ce qui faisait le charme des débuts s'est effacé (on se moque totalement du magot, de la perte de personnages, des inventions du Professor ; tout ce qui compte c'est : bon sang, mais avec quel missile sophistiqué défoncer ce mur ?). Un naufrage complet pour une série qui promettait tellement dans sa première saison.