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Ouais, décidément moins fan d'Alex Cox que semble l'être notre chère collection Criterion. Alors oui, certes, on aime ce genre de film hybride qui part en vrille, mélange de comédie, de polar, de science-fiction et de drame (rien de moins), on sourit d'avance dès le générique quand on voit Harry Dean Stanton dans le rôle principal et une photo signée Robby Müller mais force est de reconnaître qu'on frôle plus le grand n'importe quoi que la maîtrise totale ici... Le film nous présente une bande de bras cassés, les fameux repo men, qui sont censés récupérer les bagnoles des personnes à court de paiement. Pourquoi pas. Parmi eux, le vieux roublard HDS et sa tête de chevalier errant, un black à la gâchette facile, un "flic" qui tricote, une secrétaire entre deux âges relativement sexy ma foi et donc notre jeune héros, Emilio Estevez, et sa tronche de gentil abruti... Forcément, il y a des complications dans ce genre de business : des clients retors, des concurrents farouches (les frères Rodriguez) et d'autres divers éléments qui compliquent la donne - notamment une bagnole dont le coffre émet des radiations mortelles (le FBI recherche assidument cette voiture qui aurait un lien avec des extra-terrestres, voyez) et des braqueurs à la con qui croisent constamment le chemin de nos repo men, qu'ils braquent un magasin ou qu'ils volent des caisses. Autant d'éléments favorables à de multiples embrouilles et autres courses poursuites et à des règlements de compte qui tournent au massacre...

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On l'aura compris dès le départ, la chose ne se prend pas vraiment au sérieux, même si les relations entre individus ne virent pas toujours à la franche rigolade (Harry Dean Stanton n'est pas du genre à faire dans la déconne : il prend son taff très au sérieux et tente d'insuffler (en pure perte) à Emilio à la fois les bases du boulot et sa philosophie). Du délire mais aussi donc du "romantisme" (Emilio et sa petite jeunette sur la trace des extra-terrestre - certes leur première copulation n'est pas non plus très rose-bonbon), des balles qui partent et du sang qui gicle (une tuerie tarantinesque dans un drugstore), du mystère (ce coffre de bagnole n'est décidément pas très catholique), du suspense (qui métra la main sur cette fameuse voiture littéralement "possédée" - sûrement seules les âmes les plus pures...). Alors oui, on est toujours partant pour une petite tranche de poilade et d'inattendus, malheureusement n'est pas Scorsese qui veut (son After Hours est quand même autrement mené, pour prendre juste un petit point de comparaison). On a le sentiment que Cox ne sait pas franchement trop où il veut aller, n'a en plus rien de bien intéressant à nous dire et son final a plus des allures de fin d'épisode de Benny Hill (tout le monde se retrouve à la poursuite de...) que d'œuvre chorale construite au millimètre ; l'absurde frôle, qui plus est, souvent le grotesque et on a bien du mal à se captiver jusqu'au bout devant ces mésaventures abracadabrantes sans queue ni tête. Une œuvre foutraque mais où le délire ne plane pas très haut. Allez, repos ! 

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