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Shangols va toujours plus loin dans l'improbable et l'inédit, se moquant des dangers pour attaquer à la machette la jungle dense des raretés cinématographiques. C'est dans l'excellent Hitchcock la Totale que j'ai découvert l'existence de ce court-métrage jusqu'alors inconnu de mes services et de maints sites, à croire qu'il n'existe pas. Mais si, puisque je viens de le regarder. En ce début des années 30, Hitch n'est pas encore Bouddah, et est contraint de rendre quelques services à la maison-mère d'Elstree. Il en résulte ce film réalisé pour des besoins caritatifs. Afin de lever des fonds, on demande à Hitchcock de filmer des donzelles en maillots de bain. Ce qui a dû lui plaire, convenons-en. Mais montrant toujours une volonté de contre-point dès qu'il s'agit de sexe, le gars adjoint à son (triste) défilé de mode des plans d'un couple de bourgeois contemplant le spectacle, elle (jouée par un homme, non ?) jalouse des formes girondes de ces demoiselles, lui les yeux ronds devant les mêmes. Ça se terminera dans l'hilarité puisque monsieur, s'étant approché trop près des mannequins, tombera à l'eau, avant qu'une des gorettes vienne minauder devant la caméra et demander des dons. Bon. Que dire ? C'est nul. On sent bien que Hitch n'a pas mis tout son coeur à l'ouvrage, et on le soupçonne même d'avoir entamé une de ses fameuses siestes pendant le tournage. Gags miteux, scénario dans les choux, acteurs honteux, c'est consternant, jamais drôle, et on cherchera en vain quelque chose à extirper de ce film. Si, peut-être les valses hésitations du maître entre muet et parlant : lui qui a réalisé le premier parlant anglais semble ici empêtré dans la technique, faisant jouer les acteurs comme au temps du muet et utilisant les intertitres (un peu amusants, ceux-ci) puis envoyant tout à coup le son aux moments les plus incongrus. A part ça, c'est indigne de Bouddah, sincèrement.

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