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Festival Herzog cette semaine sur Shangols et un Shang proche de l'orgasme cinématographique (même si on reste ici dans le documentaire télé, de bonne qualité certes, mais sans atteindre les chefs-d’œuvre du sieur). Il y a tout de même dans ce doc, en huit chapitres, sur le voyageur et écrivain Chatwin beaucoup d'éléments qui font écho à l'œuvre même de Herzog. Qu'il s'agisse de cette thématique fondamentale (et sujet éternel de polémique entre Shang, de mauvaise foi, et Gols, de mauvaise foi) d’embellir la réalité pour la rendre ainsi "plus vraie" (concept évident, hein, sur lequel je ne reviendrai pas), de cette foi en la marche pour approcher le monde (nouvelle référence à la marche de Herzog de Munich à Paris ; Chatwin avec sa passion pour les derniers nomades – ceux qui ont osé passer de l’Afrique à l’Amérique via l’Alaska – une culture de dingues qu’on a bien sûr, évidemment, vite exterminée), ou encore cet intérêt pour des peuplades du bout du monde qui semble détenir en elles le secret de ce monde (ces chants aborigènes si mystérieux - ou fumeux si on est d'humeur grognonne). Des interviews, encore et toujours, de la femme de Chatwin ou d’un spécialiste de l'œuvre littéraire du bonhomme, mais surtout des images qui nous emmènent au bout du monde, de la Patagonie aux déserts australiens. Chaque chapitre apporte sa petite histoire croustillante : de la peau de brontosaure (authentique ? si vous vous posez la question, ce doc est pour vous - et la réponse n'est pas moins étonnante) aux fameux "songlines" (des chants inspirés par la nature et vice versa...) des aborigènes (ouais, le concept est tellement bien évoqué dans le doc que je n'y reviendrai pas - hum) en passant par le tournage de Cobra Verde (adaptation d'une œuvre de Chatwin, justement) avec un Kinski toujours plus starbé (si c'est possible) et des figurants authentiques toujours plus incroyables (…), on pénètre à chaque fois dans des univers toujours un peu plus mystérieux, toujours aussi intrigants. Notre Werner, très proche du Bruce disparu en 89 (le sida, ouais), est souvent très touché par le souvenir de cette personne qu'il a croisée en différents points du globe. On le sent particulièrement touché quand il découvre un portrait de lui par Chatwin (pas forcément flatteur à 100 % d'ailleurs) mais surtout quand il évoque un des précieux legs de Bruce... son sac à dos en cuir... Un sac à dos qui a pratiquement sauvé la vie de Herzog lors du tournage de Cerro Torre, notre ami cinéaste restant coincé pendant plus de cinquante heures sous la neige lors d'une tempête, les fesses sur le fameux sac (préservant ainsi ses miches du gel et c'est pas rien). Des lieux étranges, remplis d'ondes, des paysages tourmentés en adéquation avec l'âme humaine, à l'image de ce paysage filmé par Herzog dans son premier long métrage Signes de vie (ces dix mille moulins hallucinants en pleine plaine) qui "marquèrent" (c'est rien de le dire) l'esprit du personnage principal. Une belle adéquation entre deux artistes de "l'extrême", deux passionnés de la nature et des peuplades hors des sentiers battus. Un doc très plaisant à défaut d'être exceptionnel qui n'en finit pas de faire de Herzog un cinéaste voyageur (plus que Desplechin, par exemple) toujours en quête d'histoires extra-ordinaires et de monde englouti - une cinéma lanceur d’alerte avant l’âge que l'on n’a que trop peu voulu voir ou entendre ces dernières décennies. Forcément immanquable, comme d'hab.

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 Venez vénérer Werner