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J'imagine que plus personne ne regarde cette série, qui depuis la moitié de la saison 1 a cessé d'être intéressante pour qui n'est pas passionné comme moi par les zombies. Eh bien comptez sur moi pour suppléer à votre traîtresse démission : j'ai vu la saison 9 de The Walking Dead, et m'en trouve ma foi légèrement plus satisfait que d'habitude. On se souvient que la saison précédente se terminait sur la déconfiture du personnage pourtant le plus sympathique de la chose depuis longtemps : l'infâme Negan, responsable du décès prématuré de nombre de mauvais comédiens, véritable despote suave et souriant, et ennemi mortel de Rick (ce qui justifie amplement notre amour : je déteste Rick). Cette nouvelle salve s'ouvre donc sur une communauté apaisée, où Negan, en symbole du passé qu'on ne voudrait jamais revivre, est enfermé dans les douves d'Alexandria, et où Rick et ses potes voient enfin l'avenir d'un oeil optimiste. Chaque "héros" emblématique s'est vu attribuer une communauté, et ce pouvoir morcelé menace pourtant très vite l'harmonie affichée : Michone choppe la grosse tête, Ezekiel (de loin le personnage le plus ridicule) se prend pour Shakespeare, une telle est en plein abus de pouvoir, untel est dépassé, tout ne marche pas sur des roulettes. Seul notre bon vieux Daryl s'est effacé avec son chien, sa crasse et son arbalète, bienheureux homme. Dans ce contexte, une nouvelle ennemie se déclare, et celle-là est moins élégante que Negan : Alpha est à la tête d'une armée de gueux déguisés en zombies, qui ont infiltré carrément ceux-ci et en ont fait une arme. La foire qui s'annonce entre les communautés (une foire ???... le monde post-apocalyptique, selon les auteurs, sera médiéval ou ne sera pas) sera-t-elle l'occasion d'un apaisement ? les amis de jadis trouveront-ils un terrain d'entente ou deviendront-ils les ennemis d'aujourd'hui ? Daryl se lavera-t-il ? Alpha récupérera-t-elle sa fille amourachée d'un jeune gars d'Alexandria sans déclencher un carnage ? Y a -t-il une vie après la mort ? Un zombie peut-il faire des phrases malgré la dommageable décomposition de sa mâchoire inférieure et son QI légèrement atteint ? Et surtout, Negan parviendra-t-il à s'évader et à reprendre les rênes de cette série inégale ?

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Bon, ces questions sont fascinantes, certes, mais passent très vite à l'arrière plan grâce à l'événement intersidéral de la série : sans spoiler, disons qu'un personnage principal, joué par un acteur en dessous de tout, qui commence par "Ri" et se termine par "ck" est tout simplement éjecté de la série dès le début de cette saison. Bon, on soupçonne les auteurs de le garder sous le coude, mais tout de même : son départ allège beaucoup la chose, qui se suit ensuite avec plus ou moins de bonheur, en tout cas débarrassé du jeu excessif de son acteur. On apprécie vraiment cette bonne initiative, et même s'il reste encore bien des comédiens lourdauds, tout engoncés dans leur sérieux (The Walking Dead manque cruellement d'humour, quand même), on regarde la suite en se frottant les mains. Elle sera, cette suite, faite de bons moments et des habituels dialogues impossibles (Paolo Coelho à l'écriture), de moments vraiment surprenants et des éternels rebondissements à la noix qui ne durent qu'un quart d'heure (l'évasion de Negan se finit comme un pétard mouillé). Quelques jolies idées d'auteur font sortir pourtant cette saison du lot commun, notamment cette recherche d'un appareil de projection pour retrouver le goût du cinéma : les gusses sont prêts à affronter une horde de zombies pour récupérer la lampe. Il y a également une scène nocturne, avec ces nouveaux morts-vivants parlants, qui marque des points dans son hommage aux films d'épouvante de grand-papa, et une jolie séquence de neige dans le tout denier épisode. Sinon, c'est vrai que la série déroule assez paresseusement ses événements, décimant parfois un acteur principal (un bon quart des héros se retrouve avec la tête en haut d'une pique dans l'avant dernier épisode), titillant un peu notre curiosité parfois, mais avec un savoir-faire roublard qui semble tourner en autonomie. Chaque épisode contient son petit moment de tension, son dialogue à rallonge, son moment mélo, son personnage crétin qui prend un risque inconsidéré, son petit tour chez les méchants pour confirmer qu'ils sont super méchants, bref ça tourne tout seul. Les auteurs ne se forcent pas au niveau de la trame, mais les réalisateurs font un peu plus d'effort dans la mise en scène, assez jolie dans ses atmosphères. On se contentera donc de ça, et on attendra de voir la 10 avec bienveillance.

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