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Il y a de cela quelque temps (plus d'un an, mon dieu) un de nos avisés commentateurs nous avait fait remarquer (article sur The Stanford Prison Experiment (2015)) qu'un autre film, allemand, s'était inspiré en 2001 de cette fameuse expérience. Aussi dit, aussi fait et nous voilà donc à mater ce film d'Hirschbiegel avec un tantinet de décalage. Bon, on retrouve donc le même principe de base : une dizaine de prisonniers et de gardiens se retrouvent enfermés pendant 14 jours pour un jeu de rôles dont on devine les conséquences pernicieuses ; combien de temps cela va mettre pour qu'un prisonnier soit en crise, combien de temps faudra-t-il avant qu'un gardien fasse preuve d'un abus de pouvoir ? On connaît déjà les dessous de l'expérience : on se prend vite au jeu et au rôle qu'on nous assigne surtout quand on est placé dans une position de force... Domination, rébellion, baston, on voit d'ici le programme. L'idée de départ est intéressante surtout, se dit-on, dans les mains d'un cinéaste allemand - le type sera forcément obligé à un moment ou un autre de faire un lien avec la montée du nazisme, cela semble le passage obligé de la chose.

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Disons-le franchement, on est rapidement déçu par le chemin que prend le film : le scénario se focalise sur un prisonnier qui joue les petits malins et sur un gardien dont on devine rapidement les penchants sadiques. Forcément, la confrontation va faire des étincelles et entrainera rapidement une escalade dans la violence - et quand je dis une escalade, autant vous dire que cela va sacrément charcler. On est déçu, disais-je, car le cinéaste évacue rapidement la dimension psychologique d'une telle situation ; il est certes question "d'humiliation" - la meilleure façon au départ pour remettre dans les rangs le petit malin - mais cette tension, cette guerre des nerfs, va vite faire place à la simple baston, à la loi du plus fort au pur niveau physique ; les gardiens pètent d'ailleurs complétement en prenant le contrôle de la structure pour mieux donner libre-cours à la sauvagerie - on va un peu vite en besogne et l'on sent qu'Hirschbiegel est plus intéressé par le côté "spectaculaire" de la situation que par l'aspect purement psychologique d'un tel dispositif. De même, seul un des prisonniers qui est victime du libre-arbitre du gardien sadique va oser faire une référence au nazisme mais on en restera là par rapport aux démons du passé ; c'est un peu court. Du coup, on se dit que cette expérience qui pouvait ouvrir des multiples pistes de réflexion fait un peu pschiiit (sans parler de l'histoire d'amour greffée sur le récit qui est sans aucun intérêt). Bien dommage qu'il n'y ait pas eu plus de travail en amont sur ce scénar à fort potentiel.

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