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Hasard de la programmation shangolienne, on passe du bon vieux polar noir mâtiné de romance à la  comédie française récente bien nase. Si Hors de Prix était une comédie passable, De vrais Mensonges demeure pendant quatre-vingt-dix minutes d'une platitude terrible. Rarement vu Nathalie Baye ou Sami Bouajila aussi mal à l'aise (Audrey Tautou, si) : non point que les deux comédiens n'aient aucun ressort comique, c'est tout simplement qu'ils n'ont absolument rien de drôle à jouer... Je n'ai rien a priori contre l'usage du champ / contre-champ dans une comédie, le seul problème de celle-ci c'est qu'il y a toujours deux-trois secondes de blanc (j'exagère à peine) entre chaque réplique, et qu'au bout du compte il y a bien dans le film quarante-cinq minutes où il ne se passe absolument rien... Des dialogues plan-plan, ennuyeux à mourir (j'ai compté au moins trente-huit "Je suis désolé", un leitmotiv qui n'est pas sans rappeler les dialogues... de son précédent film où le héros s'appelait également Jean (le Jean s'excuse souvent, c'est un fait connu)), doublé d'un scénario aussi crédible que moi en Faust. Salvadori s'accroche une nouvelle fois à l'idée que l'amour est toujours possible avec un peu de thune à la clé (Tautou filant 600 euros à Bouajila pour qu'il passe une soirée avec Nathalie Baye, c'est quand même limite insultant - le contraire moins, surtout si Tautou fait la discussion (coup bas, j'avoue c'est rude, d'autant que la chtite est une voisine...)) même si forcément, au final, (attention, morale gentille, tintintin !) tout est bien qui finit bien : eh ouais l'amour triomphe (c'était bien la peine d'inventer trente-deux quiproquo si dès le départ nos deux héros se plaisaient... passons...). On se marre jamais, les acteurs semblent obligés de faire la grimace pour meubler leur contre-champ quand ils n'ont pas de dialogues (le pire c'est que c'est vrai), bref De vrais Mensonges s'avère franchement pitoyable et mou - prochaine comédie française, pas avant deux mois, par pitié, j'en peux plus.