4575_0Reconnaissons que nous avons eu, sûrement pour l'une des premières fois, toutes les peines du monde à venir à bout de ce bouquin de Roth. On a beau aimer la façon qu'a le gars de construire ses histoires (cette habileté à chaque grande partie de switcher d'un personnage à l'autre avant de se concentrer sur le destin de l'héroïne), son sens évident des dialogues, cette capacité d'imprégner son récit d'une atmosphère plombante tout du long, cette oeuvre qui n'est donc pas d'une gaieté folle m'a laissé un peu froid. On a beau ressentir une certain empathie pour le destin de la chtite Lucy Nelson - père branleur et alcoolique, un mariage trop jeune et perdu d'avance pour s'être retrouvée enceinte -, pour sa lutte pugnace contre un mari plan-plan et une belle-famille qui ne lui fait guère confiance, on finit le roman un peu las, comme vaincu par ce (long) combat mal engagé. Plus elle tente de s'affirmer, plus elle est incomprise, plus elle semble faire d'effort, plus elle est rejetée, et on baisse quelque peu les bras (ce qui n'est pas pratique pour lire) en cours de lecture, voyant arriver la fin gros comme une maison - merci le quatrième de couverture, qu'il vaut mieux zapper... Nan, décidément je ne garderai pas un grand souvenir de ce petit Roth...