vlcsnap_58817Voilà un bon vieux film de drive-in à l'ancienne, et durant les scènes les plus impressionnantes on imagine aisément une blonde en mise en plis se serrer contre vous dans la Ford prêtée par papa. Jack Arnold n'est pas forcément l'intellectuel du siècle, mais il faut reconnaître que son film est très satisfaisant dans son genre. C'est de la SF de base, bien entendu inquiet face à l'avenir et à la technologie, et qui arrive parfaitement à rester du côté de l'humain malgré le grand barnum scientifique de son fond.

Scott Carey est bêtement exposé à un nuage radioactif, et se met donc à rétrécir. Au début, rien de bien grave, juste les journalistes qui viennent squatter sa maison et sa femme un peu perdue face à la métamorphose de son mari. Mais la transformation empirant, le pauvre vlcsnap_56848gars va être confronté à d'autres dangers plus ardus : lutter contre le chat de la maison, se débrouiller pour charrier une miette de gateau grosse comme un rocher, affronter une araignée ca-comme, c'est pas simple. Le film réussit pleinement ce côté odyssée domestique : toutes les horreurs auxquelles est confronté Scott viennent du quotidien, des objets inoffensifs (un piège à souris, une pelote de fil, une allumette, une fuite d'eau). Les effets spéciaux sont franchement au taquet, notamment dans la scène du chat, bien effrayante. Si dans un premier temps on se marre bien à suivre les dialogues entre Scott tout petit et sa femme (on ne peut s'empêcher de penser à leurs rapports de couple forcément un peu compliqués), la suite se teinte d'une belle noirceur désespérée. Scott, abandonné de tous, livré à lui-même, doit organiser sa survie dans un décor austère (un sous-sol humide), on laisse tomber les dialogues et on serre les fesses pour ce pauvre gars qui vit une aventure périlleuse dans son petit intérieur bourgeois.

Arnold tente, ça et là, d'approfondir un peu son intrigue, evlcsnap_81672n la teintant de quelques thématiques intéressantes : la rencontre entre le petit homme et une naine de cirque qui pourrait donner de troublantes séquences à la Tod Browning, ou un final assez surprenant qui ouvre sur une métaphysique qu'on n'attendait pas. Mais le réalisateur s'arrête à mi-chemin, décidément plus intéressé par le côté spectaculaire de son film que par son fond. Il a peut-être tort : The Incredible Shrinking Man est creux, et c'est dommage. Mais baste : en tant que film pour enfants spectaculaire, il est parfait.