18378474_w434_h_q80Gardant un très bon souvenir de Conte de Cinéma du même Hong Sang-Soo, je m'apprêtais à passer un aussi bon moment avec ce film. J'avoue ma petite déception : La Femme est l'Avenir de l'Homme reste dans le domaine du joli film, mais l'amour de Hong pour l'ellipse devient trop abscons ici. En fait, on ne comprend pas grand-chose à l'ensemble du scénario ; ou, si on le comprend bien, c'est trop superficiel pour être vraiment intéressant.

Deux garçons ont aimé la même fille au temps de leurs années d'études ; devenus adultes, ils la retrouvent pour tester ce qui reste de leur amour et de leur rivalité. Point barre. Le film pratique une nostalgie un peu passée (jolie petite musique capturefilm7sentimentale, paysages de neige enfantins) sans parvenir à toucher vraiment. la faute en partie à cette forme trop sophistiquée mise en place par Hong : mêlant flashs-back et présent sans transition, laissant de nombreuses scènes sans dénouement, se concentrant souvent sur les temps de latence plus que sur les temps de crise, il laisse son film tomber dans le banal. L'expérience est méritoire, qui tente de parler de l'aspect morne du temps qui passe, mais le film lui-même devient un peu morne. Quelques scènes étranges viennent heureusement réveiller un peu la trame de temps en temps : des colères surgies de nulle part, des scènes de sexe qui arrivent comme un cheveu sur la soupe, des comportements de personnages bizarrement en porte-à-faux, des séquences répétées à l'identique avec d'autres acteurs. Mais tout ça devient à la longue un peu trop conceptuel, oubliant en chemin de parler réellement de sentiments. C'est oubliable, quoi.