18378474_w434_h_q80Gardant un très bon souvenir de Conte de Cinéma du même Hong Sang-Soo, je m'apprêtais à passer un aussi bon moment avec ce film. J'avoue ma petite déception : La Femme est l'Avenir de l'Homme reste dans le domaine du joli film, mais l'amour de Hong pour l'ellipse devient trop abscons ici. En fait, on ne comprend pas grand-chose à l'ensemble du scénario ; ou, si on le comprend bien, c'est trop superficiel pour être vraiment intéressant.

Deux garçons ont aimé la même fille au temps de leurs années d'études ; devenus adultes, ils la retrouvent pour tester ce qui reste de leur amour et de leur rivalité. Point barre. Le film pratique une nostalgie un peu passée (jolie petite musique capturefilm7sentimentale, paysages de neige enfantins) sans parvenir à toucher vraiment. La faute en partie à cette forme trop sophistiquée mise en place par Hong : mêlant flashs-back et présent sans transition, laissant de nombreuses scènes sans dénouement, se concentrant souvent sur les temps de latence plus que sur les temps de crise, il laisse son film tomber dans le banal. L'expérience est méritoire, qui tente de parler de l'aspect morne du temps qui passe, mais le film lui-même devient un peu morne. Quelques scènes étranges viennent heureusement réveiller un peu la trame de temps en temps : des colères surgies de nulle part, des scènes de sexe qui arrivent comme un cheveu sur la soupe, des comportements de personnages bizarrement en porte-à-faux, des séquences répétées à l'identique avec d'autres acteurs. Mais tout ça devient à la longue un peu trop conceptuel, oubliant en chemin de parler réellement de sentiments. C'est oubliable, quoi. (Gols 03/08/08)


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Je serais un peu moins dur que l’ami Gols sur ce coup. Hong Sang-Soo se plaît à mêler en effet flash-back et présent mais retombe toujours sur ses pieds pour traiter de ces amours bancales - le titre respire d’ailleurs l’ironie, tant les femmes semblent plus le passé de ces hommes-là que leur avenir. Oui, nos deux jeunes gens « en devenir professionnel » (l’un aspirant cinéaste, l’autre professeur visant une université de renom) mènent des amours quelques peu pathétiques tournant autour d’une jeune femme, Sunhwa, qui va de l’un à l’autre, draguant des serveuses, en se disant en quête d’actrice ou de modèle, et prenant des râteaux magistraux, cherchant la compagnie d’étudiantes et finissant par se faire glauquement à demi-sucer dans un motel pourave. Bref, les femmes sont belles mais la chair est un peu triste - et souvent rapidement consommée (la femme est l’avenir de l’homme sauf en cas d’éjaculation précoce répétée). Même si l’on est souvent dans le marivaudage bon enfant - un film tout en dialogue où le cinéaste laisse le temps à ses interprètes pour aller au bout de leur pensée -, ces flirts finissent souvent en « tête à queue » si on ose se permettre l’image (en bête à deux dos au lit - le Coréen baise classique - mais en pleurs à la sortie). Morne disait Gols, je dirais plutôt léger, ironique (le gars avec son sac de caillou « pour se muscler » et qui se fait mal au premier coup de poing : excellent) et déceptif, comme peuvent l’être les montées de sève, les ambitions adulescentes et la réalité qui finit toujours par reprendre le dessus. Un film qui constitue une parfaite entrée dans la filmographie de ce cinéaste doué pour conter les amours contemporaines qui se perdent en route… (Shang 23/07/15)

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