UNDER_THE_SKIN

Filmée à fleur de peau, cette histoire est celle d'Iris, jeune fille qui subit à contre-coup la mort de sa mère et qui part en vrille à la découverte de son corps. On oscille entre la caméra embarquée à la Cassavetes (en moins bien) et l'esthétisme à la WKW (lumière rouge-orange de la chambre, héroïne Chunkgingexpressienne avec longue perruque blonde et lunettes de soleil flashy - en moins bien). Cela dit Under the Skin a de véritables qualités intrinsèques, filmant sans tabou la descente aux enfers de cette jeune Iris qui finira malgré tout par se réconcilier avec sa sœur et surtout avec elle-même : scènes de masturbation assez hot, rencontres où notre Iris se jette littéralement sur sa proie, séances moins olé-olé où elle se fait faire pipi dessus, on peut dire que l'Iris ne cesse de s'épanouir sexuellement, quitte à se faner rapidement. Après avoir envoyé balader sa soeur enceinte et son petit copain trop sage, dragué le mari de sa sœur et semblé faire fi du décès de sa mère, notre allumeuse va tomber de haut - se faire piquer son sac par des des gamines de 13-14 ans, la honte : ses chemins de traverse finissent par lui faire mordre la poussière, comme si c'était finalement ce qu'elle cherchait vraiment, pour retrouver ses esprits. Filmé apparemment dans une sorte d'urgence, le film réserve quelques belles échappées, notamment lorsqu'il suit au pas de charge notre Iris dans la rue. Après s'être jetée dans tous les sens, elle revient sur terre comme un ballon à l'helium qui aurait croisé un peu trop d'épingles, se retrouvant en fin de parcours résolument plus mature. Dommage que Carine Adler, après ce premier film tardif, n'ait pas renouvelée l'essai : son grand sens du naturel dans la mise en scène et sa manière de filmer n'est pas si monnaie courante ces dernières années.