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Le retour dans la capitale des enfants dont les parents ont été envoyés à la campagne pendant la Révolution culturelle. Dans un style hyper réaliste (on critique parfois les trop jolies images du cinéma chinois contemporain, là au moins on en a pour son grade), on suit cette rencontre entre une jeune coiffeuse (un magasin sur deux est un magasin de coiffure, je confirme... et de massage aussi) et un livreur de bières qui tentent de s'épauler l'un l'autre. Ce qui est sûrement le mieux vu dans l'histoire, c'est que cette "association" ne dérive jamais dans une quelconque sexualité : on joue un jour sur deux au papa et à la maman (il la prend sur ses genoux, elle lui enlève ses godasses, un petit massage, un bisou chaste et au lit); un peu comme si les illusions d'un grand amour passaient bien après la simple volonté de survivre et de trouver quelqu'un pour être simplement là... Et c'est déjà beaucoup dans cette société pseudo-communiste où l'individualisme règne en maître, au moins dans les grandes villes. Alors c'est vrai que c'est pas la fête du slip à tous les étages, Chen Mo et Meiting tirent leur petit bonheur d'un tour sur un toit à contempler une ville défigurée, en pleine transformation, de quelques secondes gagnées sous la couette ou de l'espoir de Chen Mo d'aider son frère malade en province... espoir qui tourne court quand l'un de ses amis dilapide son argent au jeu. On a une vision résolument tristoune, mais qui colle beaucoup plus à la réalité que les premières pages des magazines français sur le boom chinois et la réussite d'une poignée d'investisseurs. Film honnête à hauteur de ses personnages, qui ne va pas révolutionner le cinéma non, mais qui donne une image fidèle (on repense à Voiture de Luxe) de cette "jeunesse abandonnée" à son sort qui se contente de petits boulots qu'elle trouve. Pas de glamour, pas d'optimisme forcené, simplement les faits - et c'est déjà beaucoup.

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