Ah bon, on fait aussi les séries ? Bon… Alors, plutôt que de parler de 24, toujours aussi n’importe quoi, mais toujours aussi indispensable, palpitante, engagée (parfois à gauche, parfois à droite, il faut satisfaire tout le monde), bref toujours aussi géniale (malgré une saison 4 un peu molle aux jointures), je préfère parler de THE personnage de la série.

Mary Lynn Rajskub est une actrice géniale, qui redonne confiance dans le cinéma américain. Elle n’est pas184596872 très jolie, c’est même limite une bûche, elle est complètement antipathique, elle met Jack Bauer dans des situations quelque peu délicates (style ligoté à une bombe atomique qui va exploser dans les 12 secondes, déclencher une guerre en Chine, et propager la grippe aviaire sur toute la Suisse, tout ça avec un bras en moins et un portable qui sonne sans arrêt), elle tire la gueule tout le temps, elle fait des gaffes énormes (genre demander à la femme du type qui vient de mourir : « ça vous fait de la peine que votre mari ait été torturé pendant 8 heures et sodomisé 3 fois avec du gravier, sans que vous ayez eu le temps de l’appeler ? »), elle fait passer ses sentiments avant l’avenir de Washington DC, la conne, mais… mais justement : elle est le rouage foireux, la moue dégoûtée qui font que la série est si parfaite ; elle est la tache de sperme sur la robe de Jack Bauer, la toux du spectateur sur la dernière note de la 5ème de Beethoven, le pet de Miss France au milieu de la cérémonie. Autant on s’en tape complet de voir les petites amies de Jack égorgées lentement dans d’atroces souffrances, autant on a envie d’épouser Chloé O’Brian sur le champ pour toute « l’impropreté » qu’elle apporte à la série. Elle est parfaite, bien plus parfaite que les personnages parfaits. Le fait que les autres passent à côté d’elle sans la remarquer la rend encore plus précieuse.

Mary Lynn, je t’aime.