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Shangols reviendrait-il aux séries ? En voilà en tout cas une solide, une qui pète, une qui a du fun, une qui occupera sans problème vos longues soirées de pénurie d'essence. The Tourist emprunte autant à la BD XIII qu'à Fargo. Un homme se réveille d'un accident de voiture provoqué par un camion très spielbergien ; il ne se souvient de rien, ne sais plus qui il est, ce qu'il fait là. Il va alors partir à la recherche de son identité, ce qui va lui réserver quelques surprises. Car quand on est confronté aux horreurs qu'on a commises jadis, peut-on encore se regarder dans une glace ? Épaulé par une fliquette débutante et dépassée et par une aventurière pas farouche, notre homme creuse dans tous les sens du terme pour déterrer ici un mec enseveli vivant, là un magot, plus loin des bribes de sa vie. Sur ses traces : un tueur quasi-invincible, un parrain grec schizo et un flic au bord de la crise de nerfs. Les épisodes mouvementés défilent, les coups de théâtre s'enchaînent, les surprises sont pléthore, le tout dans un petit ton pince-sans rire très agréable. Ce sont surtout les personnages qui impliquent cet humour : délicieusement dessinés, ils sont tous porteurs d'une fêlure, d'une folie : un type qui ne peut pisser que dans un tuyau, un tueur accompagné d'un ami imaginaire, une fliquette trop grosse, tout ça est absurde mais chargé d'une patte humaine qui ajoute vraiment beaucoup de charme à une intrigue policière après tout très banale.

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La série renoue avec un style qu'on croyait perdu depuis les années 2010 : celui du cliffhanger qui vous pousse à regarder un autre épisode alors qu'il est 2h30 du matin. C'est puéril, certes, mais aussi jouissif de se sentir ainsi trimballé dans cette histoire improbable, où même les auteurs semblent ne pas savoir exactement où ils vont mais sont dotés d'un solide sens du suspense et de l'éclate. Tout n'est pas bon là-dedans, il y a des fausses pistes qui ressemblent à des bouche-trous, des moments plus creux, un attrait pour l'histoire à tout prix qui devient un peu lourd à force (la résolution est vraiment un peu too much) et qui empêche toute trace de mise en scène (sauf pour la première séquence, super). Bon, c'est pas grave : on a là suffisamment de fun pour contenter tout demandeur de divertissement sans façon. Acteurs parfaits, écriture fine, décors (le bush australien) cinégénique, on ne va pas faire la fine bouche : on aime.

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