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Comédie douce-amère à la sauce américaine ? Les films de Judd Apatow, et j'en suis navré, ne me font non seulement pas rire (du régressif bien lourd à la vanne vulgaire), mais surtout ne me parlent guère... Même quand il se lance ici dans l'histoire d'une grande star comique (Adam Sandler, 25 divisions sous Desproges) qui apprend soudainement qu'il va mourir (humour noir, attention prends garde à toi !), l'émotion reste au placard. Faut dire qu'on reste finalement dans du mélodrame ultra-convenu : la star se rend compte que, dans son merveilleux royaume, elle est toute seule. Elle va donc se louer un ami (Seth Rogen) et tenter de renouer les liens avec sa famille, ses connaissances du passé, son ex... Eh oui, l'argent ne fait pas le bonheur et Apatow découvre bien naïvement cet adage. Sandler aura une seconde chance avec son ex tant aimée, mais comme elle est mariée, avec deux enfants, c'est mal de briser un ménage (on peut rire de tout sauf de la morale bien pensante...). En plus, bien que guéri, Adam continue d'être super égocentrique et lourde son compagnon de route comme un chien... C'est jamais drôle, jamais touchant, diablement long (2h30!!!!!) ultra téléphoné et, à l'image des personnages qui passent leur temps libre à se regarder eux-mêmes dans leur propres films, ça se regarde méchamment le nombril. Adam Sandler et Seth Rogen font rire aux larmes leur public avec des blagues à deux balles qui volent le plus souvent au niveau des couilles (quitte à faire dans le graveleux, autant essayer d'être un peu créatif...) - voilà pour le côté comédie qui me laisse de marbre -; Adam Sandler n'a po d'amis et Seth Rogen po de copine, ce qui n'est pas vraiment étonnant tant le monde alentour semble exister uniquement pour admirer leur génie comique - Apatow compris, forcément. Leur crise existentielle n'est pas vraiment surprenante quand on se comporte à quarante ans comme à douze... C'est toujours le même principe (depuis 20 ans maintenant ?) de ces jeunes adultes qui peuvent po grandir, et comme Apatow n'a rien de nouveau à nous apprendre, le film tourne terriblement en rond - le petit côté "profond" qui me laisse pantois. Admettons-le, cette "nouvelle comédie américaine" avec Apatow en chef de file me passe totalement au dessus - ou en dessous, juste sous les couilles, lol (oups...).   (Shang - 23/11/09)    

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Les Inrocks ont écrit récemment que Funny People était un chef-d'oeuvre, j'ai donc voulu passer par-dessus le dédain de mon camarade en espérant trouver un de ces trésors cachés que j'affectionne parfois. Eh bien au bout des 17h20 de film (Shang parle de 2h30, il est sympa), je me retrouve en totale harmonie avec le texte ci-dessus : exsangue, sans style, ennuyeux comme un jour de Coupe du Monde (c'est gratuit), Funny People est un film strictement sans intérêt. Comment peut-on trouver la moindre trace de génie dans ce scénario pour collégien, que Apatow ne se donne même pas la peine de mettre en scène, que les acteurs ne se donnent même pas la peine de jouer.

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Ca pourrait partir d'une bonne idée, se dit-on dans les 10 premières secondes : un comique célèbre atteint d'une maladie incurable, et qui ne parvient pas à prendre cette nouvelle au sérieux. Ca pourrait donner une belle réflexion sur les postures possibles face à la Mort, sur le cynisme, sur l'impossibilité de grandir et d'affronter les drames (ce qui semble bien être une préoccupation chez Apatow). La scène est pas mal dans laquelle on voit Adam Sandler apprendre sa maladie : il ne peut pas se concentrer, son regard erre sur les photos de famille du médecin, on le sent déjà préparer ses vannes. Bien aussi, plus tard, cette séquence cruelle où nos compères ne peuvent s'empêcher de se foutre de la gueule d'un autre docteur qui essaye de leur parler sérieusement. Si Apatow était resté dans cette cruauté-là, il aurait peut-être pu faire quelque chose de son scénario, un vrai film politiquement incorrect sur le dandysme, disons.

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Mais le "message" du film va bien moins loin que ça, et peut se résumer à : "les comik son des gen comik mais ossi sensible et qui aime la famille" (je cite textuellement l'intégralité du scénario). On le voit, c'est abyssal. Pour développer cette idée révolutionnaire, Apatow a de grandes idées : demander à Sandler de jouer avec une main dans la poche, pour montrer qu'il est désabusé ; lui adjoindre un pitre naïf pour montrer l'espérance en la vie ; et lui opposer une vie rêvée, celle d'une famille classique, en appuyant sur le fait qu'à force d'être célèbre et de baiser à droite à gauche, le héros est passé à côté de la vraie vie bourgeoise avec des petites filles gentilles et des chiens rigolos. Voilà l'impolitesse pour Apatow, et tant pis pour les conséquences, on ne le fera pas taire. Le film a finalement deux mérites : montrer que le comique de droite existe ; et nous donner envie de revoir les prestations de Lenny Bruce (qui me semble être une vraie référence pour ce comique sans comique développé par le personnage, plus que Desproges qu'Apatow ne doit pas connaître). On apprécie d'entendre autant de fois le mot "dick" dans un film, ou d'écouter quelques vannes d'un mauvais goût absolu, certes ; on apprécie même ce plan final à l'amertume certainement involontaire, qui montre deux gosses balancer des vannes jusqu'à la nausée au milieu d'un supermarché fade ; mais l'ensemble est tellement privé de talent, ou même de la moindre énergie, qu'on ressort de ça avec l'impression d'avoir perdu 17h20 de notre temps à contempler une cour de récréation de collège. Apatow est un gros malentendu.   (Gols - 19/06/10)