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27 octobre 2022

Les Cavaliers rouges (Old Shatterhand) de Hugo Fregonese - 1964

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Voilà qu'on tombe cette fois-ci dans les westerns allemands, on n'arrête pas la déchéance. Assez intéressant de voir des Apaches communiquer entre eux dans la langue de Goethe ou des personnages appelés Old Shatterhand balancer des "Schnell", mais ma foi ça vous a un petit côté exotique pas déplaisant. D'autant que, contre toute attente, le film est vraiment très regardable. La réalisation en a été confiée, remarquez bien, à Hugo Fregonese, pas le plus incompétent quand il s'agit de faire parler les colts et hennir les chevaux, et ce petit mélange européen-nord américain-sud américain finit par avoir son charme. Bon, de toute façon, Les Cavaliers rouges est d'un classicisme américain total, et joue plutôt sur la veine traditionnelle : c'est l'éternelle histoire des tensions entre Indiens et blancs, sur fond de vilenie, de guerres et de tentatives de réconciliation entre les deux camps. Nous sommes à la veille d'un traité de paix avec les Apaches. La concorde est menacée par un petit groupe de lascars qui tiennent à récupérer les terres qui reviendraient aux Peaux-rouges, et qui organise un complot visant à accuser ceux-ci de meurtres sordides envers les blancs. Le ton monte, on menace de chaque côté de cesser tout dialogue. Mais le matois Old-Shatterhand, à la fois blanc et ami éternel des Apaches, est là, et va tout faire pour démasquer les vrais coupables, flinguer les félons et reconstruire l'entente. Il est épaulé par le fier Winnetou, chef des Apaches, ces deux-là faisant la paire dans une sorte de tableau crypto-gay présenté au début du film. Il faut protéger les témoins, user de diplomatie avec de sauvages va-t'en-guerre, déjouer les pièges, éviter la pendaison de ses amis, ménager chèvre et chou, et séduire la pulpeuse Paloma Nakana, inutile de dire que la clope du soir sera méritée.

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Bien rempli, ce western qui se veut familial n'est pas pour autant dénué d'une violence sèche et assez frontale. Ça tue du gosse de 12 ans en pleine rue, ça balance des flèches dans le poitrail de pauvres mères de famille, ça brûle vif son complice de toujours, ça décime des rangs entiers d'Indiens sans autre forme de procès, ça fait exploser les enceintes d'un fort, enfin ça s'agite pas mal, et pas toujours à de bonnes fins. Dominée par le charismatique Lex Barker, la galerie de personnages est assez savoureuse, depuis les méchants parfaitement torves aux Rouges parfaitement fiers (beaux morceaux de danse, au passage, ça c'est du pow-wow), des femmes toutes en soupirs de désir aux complice tout en rodomontades (ici, un vieux à perruque assez ambigu). Si le scénario est très très convenu, si on devine à l'avance quels vont en être tous les tenants et aboutissants, si la projection se déroule dans un confort pantouflard un peu pépère, si le film n'ajoute rien à la pléiade d'autres faits avant et après lui, on ne se plaindra pas de la fluidité de sa narration, du soin apporté aux détails, de la belle balance entre moments intimes et joyeux et moments de tension, des grandioses paysages filmés pour une fois plutôt "à hauteur d'homme", et surtout de cette splendide séquence finale : une attaque de fort aux 40000 figurants, où ça charcle sa mère, et où pourtant on arrive à suivre chaque protagoniste, chaque micro-action. Très pro-Indien, Les Cavaliers rouges restitue avec une belle honnêteté le petit quotidien des Apaches et retrace la longue histoire de tensions avec les colons, sans jamais fustiger un camp ou l'autre. Du boulot propre, rien à dire.

Sans titre

Welcome to New West

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