Les Cent Fusils (100 Rifles) de Tom Gries - 1969
Deuxième film de Tom Gries chroniqué sur ce blog, et deuxième déception. Le gars semble se tenir dans une sorte d'entre-deux du western, entre la comédie et l'allégeance au genre, ce qui semble normal en cette période de flou artistique et de dévoiement, mais ce qu'il ne réussit que très moyennement. On ne cesse de grimacer devant les marques de mauvais goût de ce film sans âme, ni drôle ni tendu, ni sexy ni intelligent, sorte d'objet commercial qui annonce les tendances plus ou moins convaincantes des années 70 dans le western, mais sans encore en avoir les quelques traces de génie. Un mercenaire (Burt Reynolds) a dévalisé une banque pour fournir des armes pour soutenir la révolte des Yaquis, indiens opprimés par le pouvoir espagnol dans ce Mexique agité. Un flic (Jim Brown) se lance à ses trousses, mais se trouve lui-même embringué dans la révolution, et de plus en plus révolté par le sort réservé aux rebelles, et donc de plus en plus partie prenante dans leur combat. Il faut dire aussi que la belle Indienne du coin (Raquel Welch) a un décolleté ébouriffant. Ce qui donnera lieu d'ailleurs, seul élément notable du film, à une scène de sexe entre la belle et le flic, noir, ô scandale. Bon, à part ça, que dire de la chose ?
Que Gries, un peu putassièrement, tente de recopier les grands westerns spaghettis qui fleurissaient alors. Il y a tous les éléments d'iceux, du train à la mitrailleuse, de la musique morriconienne au méchant sadique. Mais le gars n'a ni la fantaisie ni l'humour ni la démesure de ses modèles italiens. Son film, entre les scènes d'action ma foi pas trop mal faites, réalise des séquences monotones et tièdes, mal balancées et écrites à la va-vite. Si ses acteurs sont plutôt charismatiques (Brown en premier lieu, mais Reynolds promène sa moustache nonchalante avec un flegme assez marrant), on ne peut pas en dire autant des actrices, puisque Raquel Welch a l'air là-dedans d'une grosse erreur de casting. Elle est belle, oui, je veux bien, mais elle joue comme une patate. Bon, on aime quand même qu'elle parvienne à stopper un train simplement en prenant une douche sous un réservoir, la scène est amusante. Mais dès qu'elle a un flingue à la main, elle est crédible comme moi dans Rocky 12. Elle a tout l'air d'un énorme anachronisme avec son physique moderne et sa peau blanche comme lait alors qu'elle est censée incarner une Mexicaine. Le scénario, de son côté, hyper prévisible, déroule sa trame avec une paresse évidente. Seules les scènes d'action, heureusement nombreuses (le film est très agité et bruyant) parviennent à maintenir notre œil ouvert. Bon, allez, une petite moyenne pour un film conventionnel et bien poussif.


