Canalblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Shangols
REALISATEURS
GODARD Jean-Luc 1 2
OPHÜLS Marcel
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
10 avril 2020

Céline de Jean-Claude Brisseau - 1992

Celine-Brisseau_0-1024x669

Le nom de Brisseau ayant été occulté dans la liste des morts de l'année aux César (...), il est de notre devoir d'évoquer sa mémoire en ces pages, même si le sieur nous a désarçonnés plus souvent qu'à son tour. Un oeil donc sur ce petit film méconnu qui est pourtant un de ses plus précieux, justement par sa fragilité même et par la légèreté de sa production : deux actrices à l'écran ou à peu près, un décor unique ou peu s'en faut, et voilà notre Brisseau occupé à fabriquer un film fantastico-mystique qui fait son effet. C'est comme toujours bancal et discutable, fauché comme les blés et de mauvais goût ; mais c'est aussi un bien bel exemple du romantisme fiévreux du gars, de sa fascination pour la jeunesse et et de son amour pour l'amour. Bref, c'est du Brisseau en plein, avec ses défauts et ses qualités.

vlcsnap-2020-04-09-19h08m52s452

Geneviève, infirmière, récupère sur un bord de trottoir une jeune fille en pleurs qui a tout perdu : son père n'est pas son père, son mec l'a quittée et elle a renoncé au mirobolant héritage familial. Notre bonne Samaritaine va alors prendre la petite Céline sous son aile, et lui redonner courage et confiance à grands coups de séances de yoga ; séances si efficaces que Céline devient peu à peu un pur esprit, puis une sorte de Messie de banlieue, capable de léviter ou de faire des miracles. Geneviève, fascinée, regarde Céline se transformer en sainte et lui piquer sa clientèle, les gens étant plus désireux de guérir par l'imposition des mains de la blonde Céline que par les injections de médicaments de la brune Geneviève. Le film conte avant tout une amitié entre les deux femmes : la secrète Geneviève, froide, ordonnée, hanté par un défaut cardiaque, désireuse de se dissoudre dans l'aide aux autres ; et Céline, jeune et forte, innocente et solitaire, avide de grâce. Par l'abbatage de Lisa Hérédia, magnifique dans le rôle de cette infirmière-spectatrice qui s'abandonne complètement à son rôle d'âme-soeur, et par la beauté d'Isabelle Pasco (pas l'actrice du siècle avec ses deux expressions, mais indéniablement une fille qu'il paraît impératif de filmer), cette fusion réussit parfaitement. C'est que Brisseau, pour une fois débarrassé de ses thématiques sexuelles et ambivalentes fatigantes, filme le plus simplement du monde ces deux-là vivre ensemble, dans une campagne très joliment rendue, dans une maison dépouillée et sombre qui augmente leurs solitudes.

vlcsnap-2020-04-09-19h54m51s795

C'est dans ce décor naturel que va se glisser une part d'inquiétude, d'étrangeté qui va faire toute l'originalité de Céline. On connaît le goût de Brisseau pour les apparitions depuis qu'on a vu La Fille de nulle part. Ici, il y a déjà cette étrange quotidienneté qui peut rendre par exemple effrayante une tâche sur le mur ou une entrée de personnage dans le champ. Ce qui est beau, c'est que Brisseau ne traite pas la grâce et le mystique en événements extraordinaires ou édifiants : il les filme dans leur toute simple advenue, utilisant les outils les plus basiques du cinéma (décadrages, trucages vieillots, costumes) pour les faire apparaître. Céline est une fille normale, déprimée puis guérie, qui finira par trouver sa voie dans la religion, pas un fantôme effrayant hantant la maison. Le film accumule les scènes a priori banales mais qui montrent en fait une métamorphose morale puissante chez elle. La musique absolument splendide de Geroges Delerue éclaire un peu plus le film : c'est romantique comme du Chateaubriand, ça parle de mort et de renaissance, c'est sur l'amour possible enre deux femmes, c'est sur l'impossibilité de renoncer à ce qui nous guide, et c'est finalement un film de jeune homme réalisé par un type de 50 ans. Très beau moment en tout cas.

vlcsnap-2020-04-09-19h27m08s902

Commentaires
S
J'avais peur que Gols oublie la musique sublime de Delerue, qui a été composé à l'origine pour la télé (Tours du monde, tours du ciel) pour évoquer chaque planète... C'est pas loin de ce qu'il a fait de plus beau et je m'étais plongé à l'époque, suite à la vision de ce beau film de Brisseau, dans son écoute... A bon entendeur...
Répondre
Derniers commentaires
Cycles
Cycle Collection Criterion 1 2 3 4 5 6 7
Cycle Cinéma Japonais 1 2 3 4 5 6 7
Cycle Festival de Cannes 1 2
Cycle Western 1 2 3
 
 
Best of : 60's     70's      80's      90's      00's      10's
 
Ecrivains