Local Hero (1983) de Bill Forsyth
Voilà une petite chose aussi inoffensive que la musique de Mark Knopfler mais gentiment dans l'air du temps (ce sur quoi surfe un peu facilement la collection Criterion ces derniers temps). Soit donc Burt Lancaster (en grande forme sur Shangols tantôt), magnat du pétrole (et passionné par les étoiles, par ailleurs), souhaitant investir dans une baie écossaise (en gros, acheter la baie pour en faire un truc pétrolifère). Il envoie sur place Peter Riegert as Mac (Alain Chabat en pas drôle) pour s'occuper de la transaction... Le gars Mac, loin du chahut de New-York et un tantinet dépassé par sa mission, s'adapte rapidement à cette petite ville locale paisible qu’il apprécie de plus en plus... Si les locaux, vénaux à mort, voit d'un bon œil ce rachat, on se dit qu'il serait tout de même bien venu qu'il capote...
Forsyth, le bougre, me pique l'une de mes idées les plus géniales : changer de taff et de lieu avec une personne (Mac proposant à l'homme à tout faire de cette baie, Urquhart, de prendre sa place de barman et de responsable de l'hôtel - s'il peut aussi laisser sa femme, ce serait cool ; Urquhart pourrait alors devenir commercial à New-York et jouir de l'appart et de la Porsche de Mac ; je sais, tout cela peut paraître un peu étrange en soi, mais c'est juste une question d'habitude...). Blague à part (ohoho), le film, qui se déroule sur un faux rythme pas si déplaisant que cela, certes, propose de mettre en scène des petites saynètes de ce village écossais local avec des gags tout en douceur et des personnages originaux qui ne tombent jamais dans l'excès (le type en moto qui roule comme un dingue, le prêtre black qui sort de nulle part, la chtite punk pas bégueule, le type qui passe sa vie sur les toitures, la donzelle passionnée de fonds sous-marins, le couple qui baise nuit et jour...). Certes, on a l'impression (tout comme les accords trainants du Mark) que tout cela ne nous mènera pas bien loin ; on picole, on se promène sur la plage, on rigole un peu, chacun semble profiter à son rythme de ces lieux un peu endormis mais jouissant d'une nature impeccable. Mac, notamment, s'extasie chaque soir en matant les cieux (une pluie de comètes, une aurore boréale...) et finit par donner envie à Burt de venir faire un tour dans cette contrée oubliée du monde... Tout est bien qui finira bien... Défaite du profit, victoire de la simplicité et de la beauté cosmogonique, la morale est belle - mais l'œuvre un peu molle...


