LIVRE : Bacchantes de Céline Minard - 2019
On retrouve Minard malgré les quelques réserves d'usage faites ici ou là. Il est question dans son dernier ouvrage d'un braquage dans des bunkers transformés en cave à vin. De quoi mettre l'eau à la bouche vu les litrons millésimés entassés et offerts à une dégustation intime. Les trois donzelles à la tête du braquage (La Brune, La Clown, la Bombe et son rat) ne semblent pas particulièrement se prendre au sérieux et se jouent des forces d'intervention : elles semblent en effet particulièrement au fait de leurs méthodes et de leur incapacité d'agir... Le responsable de la cave, le gosier sec et serré, finit par être admis dans son antre pour tenter de régler le conflit... Minard campe une ambiance plutôt débonnaire, à la Casa del papel oserais-je, pour nous décrire ce braquage dont on a un peu de mal à saisir les tenants et les aboutissants. La tension est là, chacun tentant de défendre son bifteck avec adresse, mais force est de reconnaître que les trois gonzesses expérimentées dans les explosifs et la tchatche s'en tirent sans trop avoir à forcer beaucoup mieux que ces forces de l'ordre pour le moins hésitantes et maladroites. Un petit jeu de menaces et d'entourloupes se met en place jusqu'à ce dénouement un peu "précipité" (oui, il y a un jeu de mot ultra finaud...). On prend un certain plaisir à lire la chose (Minard a le sens du détail et sait trousser un dialogue) mais il est un peu dommage que l'ouvrage soit, pour le coup, un peu court en bouche... L’écrivaine semble un peu trop rapidement à court d'inspiration pour décrire les attentes des braqueuses et nous laisse une certaine impression d'amertume en bouche - comme une entrée prometteuse qu'elle n'a pas su faire tenir sur la durée. Un roman un rien circoncis qui se termine en peau de chagrin...