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21 novembre 2018

Jubilation Street (Kanko no machi) (1944) de Keisuke Kinoshita

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Œuvre de propagande nippone où chacun se doit de se sacrifier aux bons désirs de la patrie ? Il y a un peu plus que cela dans ce film de Kinoshita qui prend des sabots beaucoup moins gros que ne le ferait n'importe quel cinéaste occidental dans les mêmes circonstances. Oui ces petites gens risquent de devoir se faire une raison lorsque le gouvernement décidera de démolir ce quartier... Mais avant de prendre la décision de partir, avant de finir par obéir, chacun devra faire face à ses problèmes intimes : il se jouera en effet, au fond de ces petites rues étroites, uniquement des drames à dimension humaine... Si Kinoshita a l'art (surtout dans les premières séquences) de nous faire passer d'un personnage à l'autre en un tour de main (une caméra très mobile qui va d'individu en individu), il sait aussi focaliser toute notre attention sur ses deux personnages phares : un type qui teste des avions s'est amouraché d'une jeune fille ; rien de vraiment original si ce n'est que la donzelle a des parents "influents" et qu'il faut attendre leur décision avant d'entrapercevoir tout espoir de mariage... Nos deux jeunes gens se languissent pendant que la mère de la jeune fille (qui tient résolument la culotte au sein de son ménage) met en place d'autres plans... On est tout ému devant cette jeunesse qui ne peut s'exprimer (la guerre n'est pas là pour faciliter la satisfaction des désirs de chacun... au contraire, on s’en doute) : les parents de la donzelle, sur fond de crise (la guerre et la nécessité de déménager), discutaillent, s'engueulent en attendant qu'une autre solution tombe du ciel... D'autres petites histoires se trament autour de celle-ci, dont notamment le retour du père du pilote après dix ans d'absence... La mère espère encore et toujours le retour de cet individu auprès duquel elle n'était apparemment pourtant guère heureuse... Mais l'espoir fait vivre, surtout en ces temps difficiles où la menace peut venir de partout.

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C'est du travail minimaliste sur les sentiments, du classique « à la nippone » serait-on presque tenté de dire. On admire en passant la façon très fluide de filmer l'ensemble (j'aime beaucoup, notamment, ces travelling-arrière sur les personnages qui se retrouvent soudainement avec un "vide" devant eux) et cette manière tout en douceur, par simple métaphore parfois, de faire évoluer la trame : ici c'est la jeune fille qui coupe la branche d’un cerisier en fleurs (va-t-elle devoir sacrifier à son tour l'un de ses proches ?), ici c'est une flaque de boue qui sépare la femme et son ancien mari (peut-on renouer avec le passé ou tout est-il voué à disparaître), autant de petites idées de mise en scène qui donnent du relief à cette œuvre « chuchotée »... Il faudra certes une véritable tragédie pour accélérer les prises de décision de tout un chacun, mais une certaine sérénité, pour ne pas dire une certaine humanité, continue à se dégager de l'ensemble - la propagande, quoiqu'un peu "martelée" sur la fin, reste finalement au second plan. Une œuvre tout en intimité de Kinoshita qui mérite, malgré les "lourdes" circonstances et le message patriote non subliminal, d'être redécouverte.

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