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29 mai 2018

The Ballad of Gregorio Cortez (in American Playhouse) (1982) de Robert M. Young

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Une petite erreur de traduction et voilà comment on peut détruire une famille mexicaine... A partir de ce pitch original - et édifiant (d'après a true story), Young nous fait la démonstration que le racisme (entre English et Spanish speakers du sud des Etats-Unis - on est au tournant du siècle dernier, en 1901 exactement, à la frontière et forcément que le film trouve aujourd'hui un léger écho trumpiste : la collection Criterion est d’ailleurs encore à l'affût), ben c'est mal et surtout quand cela part, pour le coup, d'une connerie pure et dure. Le film pour l'heure n'est point sous-titré car tout se barre en vrille à cause d'un simple mot mal compris : un shérif vient interroger un mexicain paisible et deux minutes plus tard deux hommes se retrouvent à terre, en sang... C'est, forcément, le Mexicain qui a déconné et voilà une ribambelle de cornards de cow-boys partie à ses trousses... Notre homme traqué comme une bête a beau tenter de multiplier les feintes, l'on sent que son arrestation est inéluctable... Bien qu'il soit loin d'être coupable (on comprendra, sans être forcément hispanophile, rassurez-vous, l'astuce langagière fautive...) notre homme, avec ou sans procès, risque de se faire salement lyncher. Putain, life is so injuste.

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Sur le fond, le film aurait bougrement sa place dans un dossier de l'écran spécial "tolérance, étrangers et problèmes linguistiques" ; l'histoire pathétique de Gregorio Cortez (dont on chante encore les malheurs) est terriblement exemplaire de la bêtise humaine, bêtise encore plus crasse puisqu'elle émane de cow-boys à l'esprit aussi poussiéreux que leurs santiags. On sait depuis Ford (avant il n'y avait rien) que les hommes entre eux ont une effrayante capacité à s'exciter "contre l'ennemi", des hommes capables de débrancher totalement leur cerveau à la moindre occasion (quant aux journalistes assoiffés de scandales, ils méritent amplement un bas traitement mélenchoniste - ici, hein, sachons raison gardée)... Bien. Sur la forme, alors oui, cela sent parfois, vu l'aspect granuleux de l'image (en particulier dans les scènes d'intérieur - les images procès sont particulièrement ternes) un peu le téléfilm eighties vintage ; la critique est assez facile. Cela ne veut pas dire pour autant que la mise en scène de Young est plate : il est capable de monter sur ses grands chevaux aussi bien lors des scènes de violence (sèche et brutale : le coup de feu à bout portant est mauvais pour la santé) que lors de séquences de poursuites non dépourvues d'un certain lyrisme (si on coupe la musique Bontempi vintage, certes) : la fuite de Cortez poursuivi par une foultitude d'hommes à la fois à cheval et sur un train (!) vaut le détour. Young a également la chance de pouvoir s'appuyer sur deux acteurs qui donnent tout : Edward James Olmos qui se décharne littéralement pour interpréter Cortez et l'excellent James Gammon en shérif buriné, moins con finalement qu'il en a l'air. Dommage que la fin tente de jouer sur un côté tire-larme et niaiseux un peu fastidieux (faut pas filmer des mioches dans les deux dernières minutes, c'est trop fastoche) car ce téléfilm, issu de la série American Playhouse, a d'indéniables qualités en soi. Bon et honnête dossier pour l'écran. 

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Welcome to New West

Commentaires
J
Au delà d'un dossier de l'écran, peut être même envisager une collection de films "spécialisés" en "problèmes et autres questions linguistiques", je pense là tout de suite à la "ouiche lorraine" de "le grand détournement", à la faute de frappe dans le "Brazil" de T. Gilliam (et du même, le centurion ou consul affligé d'un zézaiement intempestif dans "la vie de Brian")... <br /> <br /> Ou plutôt qu'une collection (il y en a tellement déjà), cela pourrait faire l'objet d'une thèse pour un doctorant en panne d'inspiration... mais là aussi, bon sang, il y en a déjà des meutes entières de "docteurs fou d'amour" pour l'enseignement... Allez hop, on oublie tout ça... ben sinon, elle a l'air plutôt pas mal cette ballade (sanglante) du sieur Cortez... the Killer (comme le musiquait Neil Young dans un de ses derniers morceaux encore écoutables) ?!
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