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31 mars 2018

The disaster Artist (2018) de James Franco

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The Room, réalisé en 2003 par un certain Tommy Wiseau (une gueule pas possible, des cheveux jusqu'aux fesses et un accent à couper au couteau), pourrait sans doute prétendre au titre de pire film de la galaxie... Un truc tellement impossible à regarder (au niveau des dialogues, du montage, du scénar, des acteurs... enfin bref à tous les postes) qu'il en devient bidonnant. C'est en tout cas devenu aujourd'hui une sorte de film culte (non, on ne l'a pas vu, on a deux-trois faiblesses...). Franco s'intéresse au tournage calamiteux du film (en recréant quasiment à l'identique certaines scènes) ainsi qu'à l'amitié entre le réalisateur et l'un des acteurs principaux du film - c'est grâce à cet amitié et à la thune de Wiseau (personnage on ne peut plus mystérieux dont on ne connaît ni l'âge, ni le pays d'origine, ni les causes de sa fortune) que le projet a pu se mettre en place. Bon, avouons que la chose se regarde d'un oeil distrait... Si l'on peut sourire au départ de l'extravagance de Wiseau (interprété par un James Franco déchaîné), genre d'ersatz de Brando avec les cheveux et l'accent de Dominique Rocheteau, le personnage devient peu à peu un peu saoulant. Ok, le type est sans limite, dirige son film avec la même passion que Lelouch et le même manque de talent, et gère son équipe (hagarde devant les scènes à tourner et l'ineptie de la chose) en petit dictateur (comment ça, c'est de la merde !!! Taisez-vous, c'est moi qui vous paye - genre). Cette petite comédie a certes des allures sympathiques (c’est toujours cool les trucs ratés) mais elle se contente un peu trop de chercher à imiter l'original (qu'on regrette finalement presque de ne pas avoir vu à la place) ; au-delà de ces séquences « refaites », le scénario ne cherche jamais à lever le voile sur la personnalité et les origines de Wiseau - d'où vient la bête, nom de Dieu ? L'histoire de l'amitié entre les deux hommes est traitée de façon un peu superficielle et les histoires secondaires sont sans grand intérêt... Restent la prestation hantée de Franco et le côté absolument ringard et déjanté du film tourné. Une gentillette comédie sur un "tournage de film (de merde)".  (Shang - 20/01/18)

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Dommage, d'ailleurs, que ce ne soit qu'une "gentillette comédie", parce que Franco avait quand même un boulevard devant lui pour réaliser un film assez profond sur l'inconscience, sur la croyance, sur l'imbécillité, enfin sur tous ces thèmes qui ont pu donner de beaux films comme Ed Wood ou A l'Origine. Il y a dans le personnage de ce frapadingue de Wiseau une poésie touchante, qui lui fait croire, malgré tout le monde, malgré les échecs et les évidences de sa nullité, qu'il est un génie, que le rêve américain du "si tu veux tu peux" n'est pas un rêve. Et une poésie non moins touchante dans le fait de voir qu'il entraîne à sa suite toute une équipe de cinéma (dont les motivations sont d'ailleurs un peu floues), et que jusqu'au bout, il est convaincu qu'il a réalisé un bon film. Franco est un peu bête dans sa manière d'aborder son sujet, gâche son film faute de travail et de réflexion : on a droit à une farce un peu pitoyable, une succession d'anecdotes certes effarante mais légères sur ce tournage catastrophique. De Wiseau, on ne saura rien, Franco le renvoyant à sa propre connerie, sa propre inconscience, sa propre inculture, sans chercher à creuser ses motivations.

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Plus intéressant, finalement, est son pote, conscient lui du désastre mais fidèle en amitié. Les rapports de complicité s'inversent au cours du film : si Wiseau est au départ le coach très supérieur de Greg, celui-ci devient sur la fin son protecteur, et même celui qui empêche la réalité de le toucher. Belle scène finale, lors de la première de The Room, où Greg occulte le fait que le public est affligé et transforme la séance en succès. A part ça, c'est vrai qu'on se marre bien devant cette suite de catastrophes artistiques, d'à-peu près et de crétineries, Franco a visiblement sagement adapté la surface du livre de Sestero. Simplement, il réalise une farce moqueuse là où on aurait aimé une position moins supérieure. C'est un peu idiot de re-réaliser presque au millimètre près les scénes de The Room (que j'ai vu, moi : un calvaire), par exemple : les vraies scènes qu'on voit pendant le générique sont plus édifiantes que leur copie. Un peu bête aussi de s'être contenté des quelques "sommets" du travail de Wiseau, sans s'être attardé sur sa psychologie, sans avoir enquêté sur ses origines, sans avoir creusé cette évidente folie mégalomaniaque et schizophrène qui est la sienne. Trop superficiel, juste amusant.   (Gols - 31/03/18)

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Commentaires
J
Pas que dans la vie si l'on en croit les anecdotes de tournage de divers films. Une fausse valeur branchouille qui va vite se débaudrucher. Dans trois ans, on n'en parle plus de ce mauvais comédien et réalisateur...<br /> <br /> <br /> <br /> A propos, ça vous frappe pas qu'aux Etats-Unis, les dénonciation pleuvent sur des hommes prédateurs sexuels très connus et qu'en France, rien, zéro, makache, niet, pas un nom ne sort ?.. Belle union sacrée, sinon le système français, fragile, hyper-subventionné, s'écroule... Ou alors, c'est que le milieu du cinéma français est ultra-vertueux... Pourquoi pas une petite - ou grosse surprise - en direct aux Césars ?..
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K
James Franco est un gros connard dans la vie
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