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26 janvier 2017

L'Or de Mackenna (Mackenna's Gold) (1969) de J. Lee Thompson

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Voilà une chevauchée fantastique comme on les aime, avec à sa tête un Peck qui décape, des décors de rêve (véritable balade touristique dans le grand ouest américain), une blonde naïve (Camilla Sparv et ses yeux bleus troublés) face à une bouillante brune (Julie Newmar que la jalousie agite), un Omar Sharif en méchant méchant qui n'hésite pas à se mettre à nu et un final apocalyptique qui secoue son homme. Bref, on ne s’ennuie guère au cours de ces deux heures de course poursuite durant lesquelles on voit tomber comme des mouches une bande de chercheurs d'or amateurs. Pas besoin de passer des années sur le sujet (Peck, pris en otage par Sharif, connaîtrait l'endroit secret d'une réserve d'or exceptionnelle : des habitants couillons de la bourgade voisine, des Apaches et des soldats de la cavalerie vont se retrouver mêlés à ce road movie) pour comprendre que le tout donnera lieu à un duel de types (Omar et Gregory) aux nerfs à vif et à moult cavalcades tragiques. Une bien belle balade en quelque sorte avec ce qu'il faut de tuerie pour garder le rythme.

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Avant de nous intéresser au gars Peck qui focalise indéniablement l'attention (des femmes comme des hommes vénaux), évoquons deux-trois éléments qui donnent du panache à la chose : tout d'abord une ribambelle de seconds rôles qui ont tous droit à leur petite scène (Telly Savalas en gros enfoiré de Sergent (Youpi voilà la cavalerie ! Ouais, voilà surtout Telly prêt à tout pour sa propre gueule), Lee J. Cobb en journaliste trouillard, Edward G. Robinson en vieil aveugle héroïque, Eli Wallach (as Ben Baker) en fumier de lapin ou encore Ted Cassidy et sa tronche inquiétante : un bien beau casting de vieilles gloires) ; ensuite pour donner du rythme à cette longue chevauchée, rien de mieux en cette fin des années 60 que de confier la BO au redoutable Quincy Jones qui concocte quelques morceaux redoutables - qui changent des éternels thèmes morriconiens. Enfin, nous le disions en intro, on a droit à un véritable best of des places to visit dans cette partie des US avec des canyons à tomber - j'irai peut-être un jour, tiens, quand Trump aura été renversé. Pour le reste, on assiste dans une tension constante aux petites feintes de Peck qui tente de sauver une pauvre jeune femme blonde embrigadée malgré elle dans l'aventure ; des subterfuges, il en a sous son chapeau de cow-boy mais il en voit de toutes les couleurs pour tromper la vigilance d'un Omar malin comme un vieux singe, expert finaud qui se rêve en pronostiqueur de tiercé (son avenir était déjà tracé). Pour corser l'atmosphère Peck doit déjouer les divers coups tordus de la Julie, as Hesh-ke, une indienne avec laquelle il aurait flirté par le passé et qui n'est pas du genre à être amnésique : dès qu'elle voit Peck poser les yeux sur la blonde, la rage se lit dans son regard fort noir et joli. A force de faire la maline avec son couteau d'Apache, je vous l'annonce tout de suite, elle finira dans la ravine, faisant une fois de plus honneur au célèbre adage. On pense que cette soif de l'or n'est que pur fantasme mais on finira bien par découvrir des monceaux d'or à fleur de coteau... Peck voit immédiatement venir le carnage à l'horizon : l'égoïsme des uns et des autres (à moi, à moi tout cet or - manque juste De Funès pour compléter le tableau) va forcément finir en sauvage règlement de compte ; cerise sur le gâteau, les éléments naturels vont également être de la partie comme si tout ce petit monde avait fini par mettre les Dieux ou plutôt les esprits indiens (on est en territoire apache) en colère. Le type aux effets spéciaux n'y va pas avec le dos de la cuiller pour nous faire comprendre qu'il faut pas déconner avec les ancêtres et leur principes sacrés (bluffantes maquettes… à moins qu'ils aient fait péter toute une région de l'Utah ou de l'Arizona à la dynamite, mais j'en doute). Après un tel final (sous acide, cela devait faire encore plus d’effet…), la situation devient automatiquement beaucoup plus limpide. Peck peut enfin gouter sa liberté... en se retrouvant avec tout ce qu'il ne souhaitait pas au départ : une blonde peu farouche et de l'or en barre - il se fout du rêve américain, mais c’est quand même toujours bon à prendre. Très bon petit western vintage bien emballé.

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