Canalblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Shangols
REALISATEURS
GODARD Jean-Luc 1 2
OPHÜLS Marcel
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
19 décembre 2016

Les Sept Mercenaires (The Magnificent Seven) d'Antoine Fuqua - 2016

les-7-mercenaires-864x400_c

Voilà le film typique à regarder pendant les fêtes de Noël, période peu propice à l'intense réflexion. The Magnificent Seven est non seulement d'une crétinerie à faire peur, mais il foule aux pieds et crache joyeusement à la gueule de ses prédecesseurs, Kurosawa et Sturges. Comme toujours dans ce genre de films de studios, l'inculture de ses faiseurs, voire le cynisme total qui tend à utiliser le titre d'un film uniquement comme hochet pour attirer le chaland, n'est plus à démontrer. Si Fuqua a vu plus de trois minutes du premier film ou des Sept Samouraïs, je veux bien qu'on me pende haut et court.

sept-mercenaires-visuel2

Manichéen jusqu'à l'excès, ce machin brandit un catholicisme béat face aux hordes de méchants. Méchants ils sont, ricanants, épais, sadiques, détruisant (c'est la goutte d 'eau) une église ; face à eux, des gentils très gentils, sept petits gars qui se font des blagues, tapent sur les méchants et sacrifient tout pour la veuve et son orphelin baptisé. On le voit, on est loin de Kurosawa, qui jouait sur la mauvaise réputation des samouraïs et faisaient entrer l'impureté dans le village de Mexicains. De village de paysans, il n'est d'ailleurs point question ici : on est chez les Blancs, nom de Dieu tout puissant de sa sainte Thérèse de la trinité sacrée, juste après la guerre qui a vu se déchirer Nord et Sud, Blancs et Noirs. C'est d'ailleurs un Noir qui va intervenir pour faire retrouver sa Bible à cette communauté perdue. A ses côtés, un Mexicain, un Indien, un débile léger, il manque plus qu'une femme et un nain pour compléter le tableau. Tout ce petit monde s'entraîne au gun, et boit du gin dans l'attente de l'attaque du big méchant. Attaque qui se terminera bien entendu dans une église, par une sorte de rédemption (pour de faux, rassurons-nous) du bad guy. Dans le film de Sturges, chaque mercenaire avait son mot à dire, son épaisseur, son passé qui revenait le hanter. Ici, on est dans l'archétype le plus sommaire, et seul Ethan Hawke (encore lui) est dôté d'un début de commencement d'introduction de possibilité d'une histoire : il est hanté par les hommes qu'il a tués en tant que Sudiste, est devenu un lâche incapable de tirer, et sa confrontation avec Denzel Washington constitue le point d'orgue intellectuel du film (2 répliques). Fuqua invente également un passé entre Washington et le chef des bandits, anéantissant ainsi toute la part héroïque et "bénévole" de cette équipée. Décidément, Sturges et Kurosawa labourent tranquillement leur cimetière.

les-7-mercenaires-864x400_c

Ceci dit, si on oublie les origines, le film se laisse regarder. C'est super efficace, on lui en voudrait de ne pas l'être, c'est le moins qu'on puisse exiger. La fusillade finale, même montée par un épileptique, apporte son lot d'amusements, voilà. On écoute la musique mythique du film à la toute fin, après avoir tâtonné autour pendant deux heures (la batterie qui reproduit le rythme, mais ne lâche jamais le thème), il y a une jeune première, la meilleure scène du film original (Coburn et son couteau) est reproduite, on s'ennuie (presque) pas. Simplement, Fuqua devrait assumer son rôle de crétin de service et reconnaître qu'il réalise des divertissements vide-cerveaux, efficaces et rentables. Comme cinéphile, il est nul.

Welcome to New West

Commentaires
T
"seul Ethan Hawke est dôté d'un début de commencement d'introduction de possibilité d'une histoire" et encore, c'est de ce niveau-là : https://www.youtube.com/watch?v=4xVSYrZsnsQ
Répondre
Derniers commentaires
Cycles
Cycle Collection Criterion 1 2 3 4 5 6 7
Cycle Cinéma Japonais 1 2 3 4 5 6 7
Cycle Festival de Cannes 1 2
Cycle Western 1 2 3
 
 
Best of : 60's     70's      80's      90's      00's      10's
 
Ecrivains