The Internet's Own Boy : The Story of Aaron Swartz (2015) de Brian Knappenberger
Dans la même lignée que Citizenfour en beaucoup plus captivant (toute proportion gardée, d'autant que je suis aussi "assimilable" à un nerd ou d'un geek qu'à un joueur de rugby des Tonga), le film de Brian se penche sur la vie du gars Aaron Swartz, un petit génie d'internet qui s'est battu le temps de sa (courte) vie pour que nous, chers internautes, puissions avoir accès à des documents publics... qui se retrouvent, par un petit tour de passe-passe un brin capitaliste, payants. C'est vrai que le gars, qui voulait directement pomper sur le serveur toutes les ressources de bibliothèques universitaires, n'a pas été ultra fute-fute en se faisant filmer dans la fameuse salle du serveur en train de changer le disque dur de son ordi branché en permanence sur ledit serveur... De là à traiter le gars, activiste des premiers jours pour donner accès à la connaissance et à la culture (libres de droit) gratuitement, comme un criminel, il y a de quoi frémir. Le type d'ailleurs frémit tellement qu'il finit par se suicider au grand dam de tout ce petit monde "branché" qui se bat pour faire d'internet un espace de liberté et de partage - je pèse mes mots, remarquez-le bien, alors qu'une foule de moustiques s'attaquent à mon dos brûlé au 3ème degré en raison d'un malheureux tournoi de football organisé par mes soins sous un soleil plombant. Swartz était un symbole de ces fameux "donneurs d'alerte" face à ce pouvoir écrasant, ce monde judiciaire vicié, un type aussi sain d'esprit et d'âme que le créateur d'internet qui n'a point voulu vendre son bébé (un peu comme les auteurs de ce site qui suent chaque jour sang et eau sans être rémunérés, ne nous remerciez pas, nous sommes bons). Savoir que notre geek était sous le coup de lois datant de 1986 votées par un Congrés encore sous l'émoi du film WarGames (si) (reste à savoir d'ailleurs ce que la vision du film Gremlins leur a inspiré !!?) pourrait faire rire. Le cas fut malheureusement tragique... Une foule de ses proches, de ses parents à ses collaborateurs, en passant par son avocat témoignent du cas Aaron (dont un loi porte désormais le nom... bye bye celle de 1986) et souligne l'engagement purement humaniste du geek engagé. La justice, les hommes du Congrès et même le gars Obama (pas tout blanc dans cette histoire) en prennent pour leur grade : ah ces salopiots de puissants qui essaient de tout contrôler. Heureusement que le gars Aaron, de son vivant, a pu sortir vainqueur de combats qui semblaient perdus d'avance (the famous SOPA law qui aurait permis de bloquer n'importe quel site ou blog internet sans autre forme de procès), sinon Shangols, pour prendre un exemple connu de tous, serait peut-être mort depuis (je dramatise sans doute un peu). Bon c'est fait à la ricaine avec une constante musique chelou en fond qui fout une sale ambiance de suspicion généralisée, mais le doc, dans son ensemble, se défend pour rendre hommage à la bonne foi du gars (si ce n'est les commentaires de sa première petite amie guère passionnants). Je suis Aaron - même si techniquement je suis plus fort au tennis de table qu’en informatique.

