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9 janvier 2015

Une Aventure de Buffalo Bill (The Plainsman) de Cecil B. DeMille - 1936

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Pas beaucoup de films de DeMille chroniqués sur Shangols pour l'instant, et c'est normal : voilà le plus médiocre des cinéastes, m'est avis, qui s'est complètement laissé bouffer par le spectacle à tout prix, quitte à raconter à peu près n'importe quoi n'importe comment. The Plainsman n'ajoutera rien à sa gloire vacillante : c'est un western ringard, bas du front et réalisé en dépit du bon sens, et on pleure doucement à regarder notre brave Gary Cooper et sa blonde Jean Arthur sombrer dans cette entreprise pompeuse désolante.

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DeMille voudrait réaliser LA grande fresque sur Buffalo Bill, une déclaration d'amour à l'héroïsme (supposé, lisez voir l'intéressant livre de Vuillard pour vous en rendre compte) de la légende, et aussi et surtout à celui de son poteau Wild Bill Hickock, combattant à la force de leurs six-coups des hordes d'Indiens ricanants, déjouant les trafics d'armes des félons à cigarillos (ou à cigarette) et servant avec abnégation le général Custer à Wounded Knee. Héroïsme purement white-american, puisque le discours du film, rance, est "un bon Indien est un Indien mort, déshérité, piétiné par des chevaux, et sodomisé après sa mort". C'est ce qui choque le plus : le manichéisme effarant des personnages secondaires, avec ces Peaux-rouges joués au plus court par des figurants maquillés à la va-vite : un vague langage d'opérette ("Ya-va-oooohowwww" veut dire "homme blanc vendre bâton de feu" et aussi "je dois te présenter au chef"), un visage grimaçant, et envoyez les lumières par en-dessous pour nous rendre tout ça terrifiant. Le racisme est latent, et je veux bien que ce soit l'opinion commune dans ces années-là, mais DeMille fait plus que rentrer dans le rang : il réécrit complètement l'Histoire en déifiant les héroïques soldats américains, et en griffonant à gros traits les Indiens. On nous annonce que ceux-ci violent les femmes et fracassent les bébés contre des rochers, mais quand la bonne Calamity Jane est faite prisonnière, ils lui dérangent à peine sa mise en pli (mais aussi, les Indiens, hein, donnez-leur un chapeau à plumes, ça les occupe trois heures).

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Un discours immonde donc, une glorification de la race blanche et de la virilité à tout prix, un mépris des femmes (se mourant d'amour en tenant une poêle à frire alors que leurs hommes combattent vaillamment l'envahisseur), ajoutés au fait que DeMille ne sait même pas raconter correctement : montage terrifiant (ces plans en fondus enchaînés qui commencent visiblement avant l'indication "Action"), pauvreté visuelle (des gars filmés en studio devant des écrans grossiers), dialogues bavards et mal filmés, lumières artificielles, on ne cesse de soupirer devant le ratage du truc. Du coup on n'y croit jamais, et Cooper a l'air bien d'accord avec nous : il ne joue presque pas, se contentant de faire ce qu'on lui dit en serrant les dents. Aucune scène n'émerge de cette fade soupe, si ce n'est le sympathique assaut en milieu de film, où au moins les cascadeurs font leur taff. C'est un peu Buffalo Bill aux Bouffes Parisiens. The Plainsman, morne plaine.

Go old west, here

Commentaires
B
Sweet November , Robert Miller et la Sandy mimi , ça me cause . Vais sortir mes cartons poussiéreux . Got to take a look on it ... for sure .
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V
J'opine du bonnet pour Marcel, ce mec exsude la classe par le moindre pore. Il embrase l'écran en flic, en prétendant ou en gouape, chez Friedkin, Fulci ou Molinaro. Pourtant, c'est bien nous qui exsudons devant son (unique ?) film L'Américain, avec Trintignant en tête d'aff'. Me le suis dégotté dans une version quelque peu faisandée, transférée depuis une v(é)achesse néandertalienne, et j'en suis venu à me demander si y avaient pas des bouts qui manquaient. Toujours est-il qu'il ne s'y passe rien, absolument RIEN d'un tant soit peu notable whatsoever. On dirait du Lautner qu'aurait voulu faire du Bresson... two wrongs don't make a right, nope.
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B
Ben , le sel dont tu parles m'a filé une chtite envie d'aller me réhydrater le gosier à l'eau glacée entre 2-3 hallucinations alors que le movie continuait son roulement dans le lecteur , la Boulanjupette . En revenant , paf , la 147e apparition du double de la York , j'ai commencé à me dire qu'elles feraient mieux de fusionner ou crever toutes les deux ... 12 visions à la minute , ça fait baisser la tension . Pour le Bozzuffi , j'ai compris rapidos . Mais je parle d'un point de vue comparatif . Inutile de m'attarder sur Images car je pourrais spoiler et surtout laisser croire que j'ai pas kiffé ce film , absolument pas le cas . J'ai juste préféré le traitement de That cold day qui repose pas uniquement sur un twist ( in extremis , ça reste à voir ) mais sur une atmosphère pesante et déconcertante crescendo en distillant plus habilement le malaise et le doute . D'autant que Sandy Dennis n'a absolument rien à envier à Susannah York , frappée d'une autre manière au regard plus opaque . J'attendrai pas la semaine des 7 jeudis pour me remater Images ( et j'adore ce putain de score ouaip ) . Je flaire sans pro quand la revoyure pourra tendre vers la hausse ou le contraire ( comme la 2e de Prisoners aura ptêt un goût rance )
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S
Mais c'est ça qui fait tout le sel du film, Bondgirl ! Les incessants va-et-vient des 3 mâles, les faux-semblants, les berlues, tout ce tohu-bohu qui s'orchestre dans la 'tite tête de Susannah... ça te travaille au corps tout du long, la tension est permanente et c'est précisément le systématisme de ces apparitions qui les rend si malsaines et inquiétantes. J'ai beau m'être enquillé mon lot de films dits "d'angoisse", celui-ci m'a vraiment foutu mal à l'aise et appréhensif dans l'attente de ce qui va suivre. Stetson, mon bon Bob, t'as su filer les grelots à la Boulange ! That Cold Day mise plus sur un effet twist in extremis, un final retournement de chaussette au prix d'un déroulement un peu mollasson. Ça me parle moins, j'ai rarement été impressionné par les trucs à twist à quelques exceptions près (The Swimmer de Frank Perry en est sûrement le plus bel exemple).
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B
Passons sur Zabriskie , regardable de prime abord pour t'enliser tit à ptit dans un bidule plus chiant qu'une file d'attente pour un recommandé . Chiantonionissime , comme souvent . Images est assez trippant . D'ac pour Susannah York ( préférence pour la Sandy ) , la BO de Williams novatrice avec percus et flûte nippones et le caractère déroutant de la chose . Seulement , à l'inverse de That cold day , on pige tout de suite que la meuf est chtarbée ( les voix et le coup de téléphone ) . Altman prend pas la peine de semer le doute et de développer en profondeur la miss York et l'effet de surprise se désagrège progressivement ( les incessantes visions de son double , les va-et-vient permanents et finalement relous des 3 persos masculins ) . C'est le vrai , c'est pas le vrai ? Mort , pas mort ? C'est qui çui-là ? Bon . Y a de l'abus dans le processus de tromperie . C'est plus vraiment inquiétant à force , on se met juste à attendre comment ça va finir ( relativement prévisible ) . Ce qui rend That cold day plus passionnant à mon goût car on n'a aucune idée du véritable état psychologique de l'héroine ( elle paraît juste un peu ennuyée de son entourage du 3e âge et leurs caqueteries barbantes et souffrant de solitude ) et là , Altman instaure une ambiance qui se fait de plus en plus glacée et vaporeuse ( sans oublier cette relation avec le jeune mutique tendre et obscure à la fois , jusqu'à un certain point ) d'où l'impact logique et sensas de la fin . Pull up again , soundbwoy . J'ai déjà envie de le re-remettre sur la platine .
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