LIVRE : La Danseuse de Mao (The Mao Case) de Qiu Xiaolong - 2008
Qiu nous plonge cette fois-ci dans la vie privée du ce grand poète que fut Mao (l'ironie est de mise). Amateur de femmes, et en particulier d'actrices et de petites danseuses, il est possible de lire en filigrane dans l'œuvre révolutionnaire du gars d'intimes déclarations d'amour. A noter au passage que Mao fut loin de se comporter vis-à-vis des femmes comme un parfait gentleman ce qui casse une nouvelle branche à son étoile... L'inspecteur Chen doit marcher sur des œufs (d'au moins 50 ans...) pour mener à bien cette enquête qui l'emmène de Shanghai à Pékin. Avouons une nouvelle fois qu'on en apprend des vertes et des pas mures sur cet Empire du milieu, Qiu évoquant aussi bien la période trouble et assassine de la révolution culturelle que la pourriture corruptrice qui ronge la Chine contemporaine - son ouvrage n'étant en rien un portrait à charges pour le fun, l'écrivain parvenant tout aussi bien à nous régaler avec ses connaissances sur la poésie chinoise classique, son goût pour la gastronomie et son empathie pour cette jeunesse chinoise. Chen est une nouvelle fois sur un terrain mouvant, dangereux, explore de multiples pistes avec une rigueur toute professionnelle (qui l'emmène jusqu'au mausolée de Mao - on apprend d'ailleurs que le gars a perdu des joues dans son sarcophage communiste) et risque plusieurs fois d'y passer - mais il est finaud, le bougre, il est finaud (en tout cas plus que dans sa vie privée qui reste au point mort : Chen et Wallander même combat). La résolution apparaît certes un peu simpliste et tiré par les cheveux… mais bon, les 28 chapitres précédents nous ont suffisamment tenus en haleine pour qu'on n'en tienne pas rigueur à notre inspecteur de la vieille école (Mao). Autant dire qu'on est bien parti pour se faire dans les mois qui viennent l'intégrale des enquêtes de Chen qui nous relie toujours par un petit fil à Shanghai. De la nostalgie ? Nan, juste une question de fidélité, voilà...
