LIVRE : Oona et Salinger de Frédéric Beigbeder - 2014
On quitte pour un temps les chemins de la littérature pour s'intéresser à la dernière rédaction de Frédéric Beigbeder. Certains, comme l'ami Gols, ont des a priori sur cet auteur sans jamais l'avoir lu. Il ne sait pas la chance qu'il a. Reconnaissons tout de suite que le titre et la photo de la couverture sont de loin ce qu'il y a de plus intéressant dans cet ouvrage assez pathétique. Que Beigbeder soit un éternel ado, passe encore. Qu'il considère qu'il est le seul à aimer Salinger, à écrire sur la seconde guerre mondiale et que la plupart de ses lecteurs sont aussi cultivés qu'un gamin de sixième, c'est insupportable. Maintenant, que son livre s'adresse uniquement à des ados, c'est son droit. Mais dans ce cas-là, il faut préciser qu'il s'agit d'un roman Jeunesse.
Qu'est-ce que l'on peut garder de ce conte sur l'histoire d'amour naissante et vite avortée entre Oona O'Neill et Jérôme David Salinger ? J'ai envie de dire rien. Beigbeder truffe ses paragraphes de citations (de livre d'auteurs, d'autobiographie ou d'Histoire) comme pour faire genre "j'ai fait de la recherche" (il aurait pas la moyenne pour un mémoire de master), de mots anglais (F. B. is bilingual, totally fluent, c'est à gerber) et fait le malin en offrant "des traductions personnelles de nouvelles inédites en français de Salinger". Je rappelle juste que traducteur est un métier. On a beau glaner deux trois anecdotes sur notre auteur culte, on ne frétille guère et l'on doit en plus se taper pour ce faire des parallèles absurdes (Debbouze en héritier de Chaplin !!!! - je ne sais s'il faut en rire ou vomir) ou des anecdotes perso désolantes - Beigbeder tient généralement trois pages sans glisser des propos sur sa propre existence (on reste bien là dans le pur anecdotique et non dans la réflexion à la Carrère, que les choses soient claires - ne mélangeons pas les torchons et...). Au bout de son mémoire de master, FB craque et ne peut s'empêcher de parler pendant dix pages uniquement de lui et de l'amour de sa vie - sous-prétexte (comment peut-on autant se raccrocher aux branches ???) que la tenue de plongée de sa future femme s'orne d'un O'Neill (Hasard et Coïncidence, Lelouch reste dans ce corps). On lit l'ensemble en diagonale en se disant qu'il est bon parfois d'approcher le degré zéro de la littérature comme pour mieux apprécier ensuite ce qu'est un écrivain. Allez, une seule chose à sauver, non ? Oui, cela donne envie de lire les fameuses nouvelles inédites de Salinger en anglais... Totalement inutile. Gols rigole, je baisse la tête. Une note ? 00, na !