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6 juin 2013

LIVRE : La Conjuration primitive de Maxime Chattam - 2013

LA_CONJURATION_PRIMITIVELes blockbusters littéraires ne sont pas forcément légion sur ce blog, comptez sur moi pour râcler le fond. Maxime Chattam écrit à peu près aussi bien que mon gros orteil gauche. Dans une construction réglée au poil par son logiciel de traitement de texte, aidé sûrement par des heures à scruter le secret du succès du Silence des Agneaux et de quelques cours en master sur "vendre du papier imprimé, mode d'emploi", le compère écrit comme un promoteur immobilier et ne s'en cache guère : l'écriture semble être franchement le cadet de ses soucis, et son dernier effort en ce domaine semble dater de sa fin de 6ème. On peut rencontrer dans ce roman, par exemple, des phrases aussi improbables que : "La buée qui sortait de la bouche du gendarme semblait captiver le corvidé" (de la difficulté d'avoir déjà employé les mots "corbeau", "oiseau" et "choucas" dans le paragraphe) ; ou : "Claire Noury, 28 ans, avait le charme intense de certaines personnes au physique banal mais qu'on remarque rapidement dans une pièce grâce à leur prestance" (j'aurais ajouté : "pour peu qu'on remarque certaines personnes dont la prestance donne du charme à Claire Noury"). Chaque chapitre commence par une description du temps qu'il fait, ce qui est bien pratique. J'ai toujours su qu'il fallait se méfier des livres à couverture en relief et en police 17, preuve est faite.

Bon ceci dit, c'est sûr qu'on ne demande pas à Chattam d'écrire correctement (quoique... ça pourrait se discuter), mais de nous trousser une trame qui va nous tenir éveillé pendant les heures que va durer la lecture. De ce côté-là, il y a de bonnes choses dans le roman, qui vous balance façon métronome des évènements toutes les pages à peu près. On est vite plongé dans cette trame glauque, recherche d'un réseau de serial-killers aux méthodes différentes, mais liés par un sigle mystérieux. De meurtres en meurtres, de pistes en révélations, on se laisse gagner par le savoir-faire du gars, même si on commence à être un peu fatigué par ces passés forcément nazis, ces groupes forcément sectaires, ces orphelinats forcément chargés d'un lourd passé et ces assassinats forcément rituels que ce genre d'auteurs se croit obligé de foutre dans la trame. Chattam sait prévoir des surprises dans ce canevas un peu usé, notamment à la moitié du livre, assez bluffante. La description des meurtres, précise jusqu'à la complaisance, semble être l'exercice préféré de Chattam : il se vautre avec délices dans les détails de ces viols à répétitions, de ces meurtres sanguinolents et de ces tortures avec une curieuse délectation. Ca finit par être un peu gênant. Mais le fait est que du coup, les scènes sont traumatisantes, et le climat morbide est convaincant. Bref, ce livre a le charme des livres sans intérêt mais qui parviennent à trouver un intérêt grâce à  leur charme, comme dirait le gusse. Je ne lirai peut-être pas non plus les oeuvres complètes de Chattam en Pleiade.

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