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17 mars 2013

La dernière Caravane (The last Wagon) (1956) de Delmer Daves

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Delmer Daves m'a séduit tout au long de la semaine - les yeux de Felicia Farr ont leur part de responsabilité dans la chose - et c'est une nouvelle fois avec le sourire jusque-là que s'achève la vision de ce merveilleux western. Le film commence sur les chapeaux de roue et avec quasiment aucune réplique : il est peu de dire que l'ami Richard Widmark ne fait rien pour gagner la sympathie du spectateur vu qu'il abat froidement un type à la carabine avant d'en poignarder sauvagement un autre... Il va tout de même se faire chopper par une brutasse de shérif qui va, disons-le franchement, le traiter comme un chien. Richard a du sang comanche dans les veines et l'on ne sait encore trop ce qu'il a poussé à agir ainsi ; c'est tout de même po bien d'assassiner ainsi son prochain, se fait-on la réflexion. Quant au bourreau de shérif qui aime à faire manger la poussière à son prisonnier, il est peu de dire que l'on est prêt à montrer plus d'empathie à son encontre... Les deux hommes vont croiser sur leur chemin de bonnes vieilles familles cathos (comme dans Jubal) en route pour l'El Dorado ; on sent dans le regard de certains de ces gens frustes de la pitié pour ce pauvre Richard, un Richard ficelé à la roue d'une carriole aussi fermement que Jésus à sa croix - et quand je dis "regard" je parle notamment de celui à se damner de la toute jeune Felicia... On se demande tout même bien comment le Richard va pouvoir échapper au lynchage qui lui est promis...

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C'était sans compter sur les Apaches qui, pendant que la jeunesse fera, de nuit, une escapade dans la rivière, décimeront tous nos bons cathos - la prière semble avoir peu d'effet positif sur l'Indien. Richard s'en sort miraculeusement indemne et The Last Wagon prend alors des allures de roman d'aventures : c'est un peu "le Sauvage qui vient en aide au club des cinq (les petits jeunes + Felicia) en territoire hostile". Attention toutefois, ne me prenez pas au mot, on ne tombe jamais dans le gnangnan : Richard a déjà prouvé qu'une hache était aussi dangereuse pour un être humain que pour un arbre, il en fera de même avec son couteau qui ne servira pas qu'à tailler des allumettes - un outil qui se montre en effet très utile pour pratiquer un césarienne sur un Apache - et j'ai bien dit "un" Apache. Si Felicia et son chtit frère ont tôt fait d'avoir de la sympathie pour lui, il n'en est pas de même pour deux de leurs jeunes compagnons de route aussi méfiants et vils que des coyotes : en effet Nabilla en blonde (voyez le genre) et Stéphane Bern - il se méfie des gueux - sont loin d'éprouver une quelconque confiance envers ce tueur au sang chaud... Bon, d'un autre côté, ils ne vont pas non plus trop tergiverser sur sa valeur: quand tu ne sais pas chasser et que tu te retrouves en pleine Vallée de la Mort au milieu d'Apaches qui pullulent, tu préfères avoir un guide. Et le Richard est plutôt bon dans son genre...

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L'habit ne fait pas le moine et la connerie n'est en rien une fatalité (même quand on s'appelle Nabilla ou Bern). Richard va non seulement protéger coûte que coûte ses ouailles rencontrés par hasard, il va aussi rayonner sur leur personnalité : il permettra à certaine de trouver l'amour (quelle belle séquence nocturne que celle où il tombe Felicia en lui faisant son petit laïus écolo... Et le lendemain, la Felicia qui remet mine de rien sa queue de cheval en place...  eh oui comme elle le fera dans 3:10 to Yuma l'année suivante - so "hum hum l'air de rien" tout ça tout ça), chez d'autre l'amour (d'un père), chez... euh... toujours d'autre la fierté, etc... Les paysages sont une nouvelle fois à tomber à la renverse, les scènes d'action sont denses et les personnages tous joliment dessinés. Le sombre et suave Richard Widmark et la mutine Felicia Farr font ensemble des ravages et l'on sent bien que rien ne pourra résister à cette association explosive : ni les bêtes sauvages, ni la bêtise humaine, ni le gros con d'Apache un poil sanguinaire, ni même la raide et quasi divine justice ricaine... On en prend plein les yeux, on vibre de bout en bout, on aimerait tellement y être - même si on ne sait même po monter à cheval... Encore un wagon de la filmo de Daves dans lequel il faut sauter les yeux fermés. 

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Go to the Mid-West

Commentaires
C
Banal pour du Daves, pas banal pour du George Sherman, c'est sûr !<br /> <br /> <br /> <br /> Le problème de "La Colline des potences", c'est l'aspect un peu manichéen des personnages et leur écriture à la serpe : à part Gary Cooper, chacun est défini dès le début et ne changera pas, ne se révèlera pas autre (la palme à Karl Malden et George C. Scott). Quant au passé mystérieux de Cooper (si je me souviens bien), je m'en fiche un peu et son personnage, s'il n'est pas parfait, est quand même pas mal héroïque, non ? <br /> <br /> <br /> <br /> Je me demande si, dans ce western, le goût de Daves pour le mélodrame ne reprend pas trop le dessus (dévouement total, sacrifice) ; mais cela ne donne pas pour autant une grande vérité des sentiments.<br /> <br /> Enfin tant mieux pour ceux qui aiment : ils ont moins perdu leur temps que moi !
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M
Pas d'accord que "La Colline des potences "soit un film banal. On en est même loin.<br /> <br /> Ou du banal comme ça, j'aimerais bien qu'on m'en resserve encore actuellement. <br /> <br /> Je comprends bien que les yeux de Maria Schell (et il en est vachtement question dans le film!) ne soient pas à la hauteur de ceux de F.Farr, mais enfin, Daves n'est pas ophtalmo, hein. C'est juste un réalisateur. Et un sacré bon encore !
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C
Même s'il y a certains bas dont il est difficile de remonter... (mais pas ici)<br /> <br /> Ca me rappelle ce dialogue de Séquences et conséquences de David Mamet :<br /> <br /> <br /> <br /> Elle (voyant qu'il est déprimé) : If you were never down, how would you know when you are up ?<br /> <br /> Lui (séduit) : You have a gift for words.<br /> <br /> Elle (lui montrant un livre) : It's in your play.<br /> <br /> <br /> <br /> Je ne sais pas si vous avez vu cette merveilleuse comédie, mais son scénario est d'une construction diabolique, très intense, et le dialogue étourdissant...
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S
Cowboy et La Colline sont dans ma ligne de mire, vous me rassurez guère eheh. C'est pas grave je suis parti pour explorer le Daves, j'assumerai... Il faut certains bas parfois pour apprécier encore plus les hauts...
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C
Bien d'accord ! "La Dernière Caravane" est sublime. Comme "3:10 pour Yuma", il est d'un classicisme indémodable d'une force extraordinaire.<br /> <br /> Vous m'avez donné envie de voir "L'Homme de nulle part", enfin, il n'y a pas que vous, Felicia Farr y est aussi pour quelque chose...<br /> <br /> (Dommage que "Cowboy" ou "La Colline des potences" soient si banals, voire assez piteux, Tavernier et Coursodon adorent le deuxième, je ne comprends pas)<br /> <br /> Bye !!
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