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15 mars 2013

Yoshiwara (1937) de Max Ophüls

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Max reconstruit le quartier des geishas, dans le Tokyo du milieu du XIXème, aux studios de Joinville pour nous servir un mélodrame de chez mélo. Il est sage, solitaire et ne demande rien à personne ; seulement voilà, une escale aura suffi, une nuit, pour qu'il découvre Kohana et qu'il en tombe raide dingue ; c'est notre gars Pierre-Richard Willm qui incarne ce lieutenant russe Serge Polenoff avec sa mine romantique et ses airs de doux rêveur. Il se voit en fait confier une mission d'agent secret en terre nippone. C'est po vraiment le taff le plus ruinant pour la santé, agent russe : pendant quinze jours il en branle pas une (il boit deux cents cinquante litres de thé et roucoule avec sa shagei), puis un soir un Chinois (?!) s'introduit chez lui pour lui remettre un bout de papier. Tu m'étonnes que 007 il fout la honte aux agents soviets niveau physique... Bon voilà, c'est bien à peu près tout ce que cela raconte : une passion amoureuse interculturelle de base (elle ne pipe pas grand-chose mais elle sourit souvent : là est l'essentiel) avant que cela tourne un peu en eau de boudin (il doit partir, elle devrait rester dans sa prison de l'érotisme mais surtout la mission se passe mal : pitits japs étaient sur qui-vive pour gauler pitit ruskov...)

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On gardera en mémoire ce joli passage où notre bellâtre russe essaie de faire rêver sa conquête asiate en lui racontant les futures sorties à l'opéra (ouuuuais), les balades en traîneau (waouhhh), les repas où l'on sert le caviar à la louche (eh be... Tu m'étonnes qu'elle est contente la Nippone... Heureusement qu'elle ne comprend rien à ce que l'autre raconte dans son esprit et sourit de plus belle) ; Ophüls nous sert le coup de la toile peinte fixe (pour représenter la scène d'opéra dans l'appart de Serge - joli petit effet spécial) puis de la toile peinte mobile alors que Serge fait le mariole sur sa table tranformée en traîneau (les rues enneigées de Saint-Petersbourg défilent en arrière fond après, là aussi, un joli petit effet spécial à la main) ; un vrai décor de cinéma pour imaginer le bonheur futur des deux amants ? Sympathique et jolie est l'idée. Au delà de ça, il y a bien entendu quelques jolis mouvements de caméra comme seul Ophüls sait nous en tricoter : le filmage à la grue quand Kohana monte les escaliers pour se rendre pour la première fois chez un client : on sent tout l'effort que cela lui demande - elle qui doit se prostituer après la mort de son maître ; la séquence ultra-dynamique lorsque Kohana prend la fuite de chez elle sous la pression de la police nippone : un montage au taquet et là encore une caméra qui nous sert un ou deux plans virevoltants... Bon après, c'est du bon vieux mélo avec un final où la musique monte d'un cran, où les éléments se déchaînent (c'est ce vent qui rend fou Betty) et où l'on sent bien que nos deux amants, face au sort qui s'acharne, sont prêts à mourir d'amour... Pourquoi pas, hein ? Surtout qu'on sent bien que Pierre-Richard Willm a plus un physique à mourir qu'à jouer les super-héros à donf dans l'action, voyez... On est toujours dans la période française des années 30. Vivement qu'il s'exile (et revienne en France) ? Rah, vous êtes un peu dur... même si le Werther et ce Yoshiwara ne m'ont pas totalement transporté, il y a un soupçon de romantisme ophülsien qui demeure toujours bon à prendre...

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