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29 octobre 2012

Ma Mère ne mourra jamais (Haha wa shinazu) (1942) de Mikio Naruse

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Le père Mikio est toujours partant pour nous donner la patate : 1928, un homme qui perd son emploi, sa femme atteinte d’un cancer de l’estomac et leur fils plus penaud qu’une brebis égarée. On sent bien en ce dimanche matin paisible qu’on ne va pas se fendre la pipe à chaque séquence, surtout que la femme commence à lâcher du lest pour ne pas être un poids mort (si je puis dire) pour son fils… Et la tragédie survient. Une mort qui semble prendre à rebours le titre, même si l’esprit encourageant et pur de la mère n’aura de cesse de planer sur le destin du pater et du fils.

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On est en 1942 et il est clair que l’heure est plus à la bonne leçon de morale qu’à la déconne ou à l’épanchement sentimental. Le pater est Monsieur Besogneux incarné et va, à la force de son poignet (il lave d’abord les carreaux chez les barbiers pour écouler un produit miracle), gravir tous les échelons de l’échelle sociale (il finira président d’une grande compagnie, ayant au passage, en partie sur un coup de bol, découvert un nouveau matériau ultra résistant… Monsieur Téflon, c’est presque lui…). On pourrait croire qu’il finira un jour par prendre la vie un peu plus à la coule, que nenni : Monsieur est fidèle à l’esprit de sa femme jusqu’à sa mort (le remariage, po pour lui), Monsieur continue de travailler jour et nuit sans se plaindre, Monsieur est d’une humilité qui fait peur et Monsieur compte bien faire de son fils - pour respecter les dernières volontés de sa femme - un homme responsable et droit dans ses bottes. Dès que ce dernier d’ailleurs prend un brin la mauvaise pente (une photo de Louise Brooks dans sa poche, l’horreur pornographique absolue !), il te le remet recta dans le droit chemin (changement d’école, de quartier, surveillance de ses fréquentations…). Bref, on est dans la rectitude absolue…

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Dit comme cela, cette œuvre narusienne réalisée en pleine guerre ne semble pas vraiment ultra olé-olé. Ce n’est pas absolument faux dans le fond. Ce n’est pas pour autant non plus que le film est totalement plombé : la maladie de la mère est filmée avec beaucoup de tendresse, la relation amicale entre le père et le fils (celui-là n’ayant de cesse de vouloir partager un maximum de choses avec celui-ci) donne lieu à des séquences pleines de légèreté (on flirte avec un Ozu de la même époque) et l’ascension sociale du père apporte également son petit lot de joie (un week-end entre le père et le fils au bord d’un lac sur les lieux mêmes… d’une certaine lune de miel… Oui, le souvenir de la mère n’est jamais bien loin). Si la mort de sa femme est tombée sur notre héros comme un toit de cathédrale sur ses ouailles (longue séquence déchirante au milieu du film avec cet homme faisant du surplace alors que défile derrière lui le décor et que sont lues les derniers volontés de sa femme - l’homme semble définitivement anéanti), il fera tout pour s’accrocher jour après jour à son labeur : il compte ainsi rendre hommage à la mémoire de sa douce (succès indéniable) et cette œuvre est finalement beaucoup plus positive qu’il ne semblerait au premier abord. On ne peut certes pas échapper sur la fin aux flonflons de la musique militaire et au regard plein d’espoir tendu vers le ciel (la séquence dans la salle de classe où le prof parle des atomes provoque, elle, forcément, a posteriori, un ptit malaise…) mais le film, malgré son discours plus droit qu’un mât de drapeau, reste toujours empreint d’une évidente émotion (la fidélité absolue d’un homme à sa femme, la dévotion d’un pater pour son bambin - même si l’éducation qu’il veut lui donner ne sort pas vraiment des clous…). Toujours en prime un joli sens du cadre et de la profondeur de champ dans les scènes d’intérieur (le trio familial filmé sous tous les angles), une petite musique douce-amère qui a son charme,… l’heure est certes à la propagande, ce n’est point pour autant qu’il faut bâcler l’œuvre (d’art). Naruse ne mourra jamais. [Restent deux films pour conclure cette odyssée, je suis prêt à donner pour chacun un bras - ce n’était pas possible avant, forcément]

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