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30 janvier 2012

L'Epée Bijomaru (Meitô bijomaru) (1945) de Kenji Mizoguchi

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"C'est en forgeant que l'on devient forgeron", voilà, que dire de plus sur ce film où l'on démontre que le sabre doit avoir une âme ? Allons, il n'y a pas que cela tout de même. Non c'est vrai, il est également question d'un homme trahi par son sabre, d'un amour impossible (mais... ) entre un fabricant de sabre et la fille de son bienfaiteur, d'un amour possible (mais...) entre un seigneur et cette même fille ou encore d'une histoire de vengeance qui se mange froid dans une purée de pois (les artificiers n'étaient pas dans une grande forme, m'est avis...). C'est une histoire simple où il est question de sentiment, d'honneur et de trahison et au cours de laquelle l'ami Mizoguchi va se faire un devoir de nous montrer tout l'art de la confection du sabre. Sa fabrication est cinégénique en soi - ces milliards de petites étincelles qui scintillent quand on frappe comme un bourrin sur la lame rougeoyante - et permet à Mizoguchi de montrer toute la détermination qu'il faut pour arriver à la perfection. Alors que deux ouvriers forgerons, à la mort de leur maître, se révèlent longtemps impuissants (c'est le mot, vu le nombre de sabre qui finit en deux) à créer une lame solide et tranchante (un sabre qui doit servir à la jeune fille pour venger son père, un père assassiné traîtreusement par ce noble prétendant), ils en appellent à l'esprit de la jeune fille pour les aider : belle séquence où les trois complices se mettent à battre le fer à l'unisson et font des étincelles... Le Sabre vengeur est né.

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On apprécie au passage les jolis décors en studio de ce récit épuré (l'ouvrier sous la voie lactée (les étoiles de la grande ourse brillent réellement, je vous jure), ce même homme avec la jeune fille au clair de lune pendant qu'un type, à l'arrière plan, joue un charmant petit air de flûtiau...) et la mise en scène de cet amour, qui met du temps à dire son nom, entre deux jeunes gens qui n'osent à peine se regarder sous l'émotion de leur engagement... Mizoguchi s'essaie aussi à la scène d'action à grande échelle - le combat final entre la jeune fille et ce traître avec en toile de fond une guerre qui oppose un Shogun et l'Empereur - , s'amusant avec moult pétards et fumigènes ; certes les effets sont un peu cheap et on aurait presque peur que le décor prenne parfois feu (bah, je suis caustique). Une sublime image magnifiquement restaurée (cela marque forcément des points) et une œuvre, sans être transcendante, qui se regarde comme un charme.    

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mise sur Mizo : clique

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