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18 août 2010

Trop libre (Die Unerzogenen) (2007) de Pia Marais

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Dans le jeu des sept familles les plus fucked-up, il faut reconnaître que les parents de la jeune Stevie pourraient aisément entrer en compète avec la famille Strobbe de La Merditude des Choses. A ce niveau-là, on n'est plus dans l'irresponsabilité, c'est presque devenu un véritable sport d'en avoir rien à battre de sa progéniture. La chtite Stevie, en pleine adolescence, va tout de même tenter de trouver sa voie, de se construire son propre univers dans cet univers d'adultes plus gros branleurs tu meurs. A ma droite, on a donc le père : il est trafiquant de drogue et il vient tout juste de sortir de prison. A ma gauche voilà la mère, pas une mauvaise bougresse sauf qu'elle abuse un tantinet de la fumette. Stevie n'est plus scolarisée depuis des lustres, et cela tombe finalement plutôt bien, vu qu'elle est toujours là pour séparer ses parents quand ils se mettent sur la gueule. Sinon, depuis qu'elle se retrouve livrée à elle-même dans cette maison en Allemagne (la maison du grand-père, en fait, qui vient de calencher) - la famille vivait avant au Portugal -, elle essaie de sortir peu à peu de sa coquille. Elle flirtouille avec l'un des acolytes de son père qui passe sa vie à user le feutre du canapé, observe une brésilienne qui rôde dans la casa et tente peu à peu de s'insérer parmi la petite bande d'ados du coin. Stevie va aussi se faire un devoir - à la force du poignet, tant l'entretien entre ses parents et la directrice vire au surréalisme aigu - de se faire accepter dans le collège du quartier. C'est rien de dire qu'elle fait figure de marginale - ses parents étant loin d'être sa meilleure pub - mais elle s'accroche tant et plus pour se lier d'amitié avec les donzelles du coin ou avec un chtit voisin de son âge.

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Un portrait d'ado en dehors des sentiers battus, c'est le moins qu'on puisse dire, qui bénéficie à la fois du jeu étonnamment naturel de l'ensemble du casting (en particulier Stevie - Ceci Chuh - qui a ce qu'on appelle du chien) et d'une caméra virevoltante qui colle non seulement au plus près des faits et gestes de cette ado, mais se retrouve, comme invisible, toujours au coeur de l'action. Pour un premier film, une telle légèreté dans le filmage est indéniablement un point qui force le respect. C'est vrai aussi, ceci dit, que le film peut sembler parfois un peu trop long et répétitif, comme si Pia Marais cherchait à insister un peu lourdement sur ces parents peu fréquentables - ah s'ils croisaient Hortefeux, c'est évident qu'ils perdraient la nationalité allemande pour devenir roumain... Le scénar paraît parfois un peu partir dans tous les sens mais, au final, on assiste tout de même à un portrait assez touchant et original d'une ado qui, à force de mensonges parvient peu à peu à trouver sa vérité - putain, j'ai po mieux comme formule, j'arrête là.       

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