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25 mai 2009

Les Vampires (épisode 2 : La bague qui tue) de Louis Feuillade - 1915

bscap018ea0Sapristi les amis : notre petit ami Philippe Guérande est maintenant aux prises avec l'immonde Black Commitee, qui menace de le tuer à l'aube, et qui, horreur, utilise une bague qui tue pour assassiner une danseuse ! Saperlipopette, cette fois, c'est cuit. Non, car, ah ah ah, Guérande a plus d'un tour dans son sac, et il se détache et il assomme les vilains et prévient ses amis ! Cornegidouille, quelle aventure !

L'avantage de ce deuxième épisode, c'est qu'il est court : un petit quart-d'heure, c'est nettement suffisant pour constater que, définitivement, Feuillade n'est pas un metteur en scène. C'est tout à son honneur de vouloir distraire ses contemporains en ces temps troublés de première guerre mondiale, cela dit, et ce nouvel opus est tout de même assez rigolo au douzième degré. Le climax, c'est quand un des horribles membres du black commitee enlève sa cagoule : le gars ressemble à un mec des Brigades du Tigre, mais tout plat. C'est très drôle, d'autant qu'il s'avère être un des personnages du premier épisode qu'on avait oublié, un pauvre losvamp04kx1er qui s'excuse tout le temps en exhibant la photo de ses enfants (qu'il faut bien nourrir, entendez). A part ça, c'est terrible, malgré la bonne volonté évidente de Feuillade : une danse sensuelle éxécutée par une rombière de 175kg en justaucorps, une poursuite échevelée en bagnole à 6 km/h, des félons aussi effrayants qu'une partie de Cluedo, de noirs repaires pris dans le garage d'un des machinos (on voit presque encore les outils et la litière du chat), on peut pas dire qu'on s'éclate tout à fait.

Mais bon, moi, les spécialistes m'ont dit que quand Irma Vep allait faire son entrée, ça allait déchirer. Donc, je n'exclue pas de continuer ma vision. A suivre...

Tous les épisodes :  1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

Commentaires
G
Vous êtes marrants, tous : je n'ai vu que deux épisodes pour l'instant, moi! Donc, pour le moment, pas de bals louches (mais ça promet), pas de Musidora ou si peu... D'accord d'accord, je regarde la suite, promis.
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P
Je tombe de mon toit ! Vous plaisantez ? Les Vampires, mais c'est, mais c'est ! Magnifique !...<br /> Ce Paris gris et vide, ses silhouettes noires sortant à la nuit, les petits bals louches, c'est la rencontre de Méliès et des Lumière... ! La mise en scène est peut-être constituée de plans fixes, mais que de trappes et chausse-trappes... Et puis Irma Musidora Vep restera l'un des plus beaux personnages de cinéma...
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G
Merci pour ce message, Edisdead. Mon conseiller pro-Feuillade ne cesse de gémir aussi devant mon incompréhension face à ce film. Je vais regarder les autres épisodes, promis, et je réviserai peut-être mon jugement.<br /> Ceci dit, pas d'amalgame : je ne dis pas que le plan fixe est synonyme d'absence de mise en scène, loin de là. Mais pour ce qui concerne Les Vampires, il me semble que les plans ne sont pas seulement fixes, mais "fonctionnels", un peu comme on filmerait une pièce de théâtre. Profondeur de champ, lignes de fuite, peut-être, mais pas plus que dans une pièce de théâtre. Feuillade filme sans souci de mise en scène "cinématographique", je dirais. Ca le rapproche pour moi des premiers courts-métrages de Chaplin, qui filmait le gag frontalement, sans même soupçonner qu'on pouvait le filmer autrement.<br /> Et sincèrement, la "poésie du réel", c'est un grand mot pour désigner la maladresse de Feuillade à filmer les extérieurs. Je ne crois pas qu'il ait une quelconque ambition de ce côté-là, franchement. Pas de poésie, pour moi, dans ces scènes redondantes où une voiture traverse sagement l'écran de gauche à droite, mais une méconnaissance de l'ellipse : ces plans auraient pu être enlevés, et il ne s'en rend pas compte, persuadé qu'on ne va rien comprendre sans eux.<br /> Je vous accorde un point sur les relances : c'est tellement mignon de naïveté qu'on a envie de voir la suite. mais que va-t-il advenir de notre héros Philippe Guérande...? <br /> Quoi qu'il en soit, merci pour votre défense de Feuillade. Comme vous le savez, tout est question de point de vue.
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E
Aïe aïe aïe...<br /> plans fixes + rythme "primitif" = absence de mise en scène ? Si on va par là, les production Luc Besson, hyper-découpées, représentent la quintessence de l'art cinématographique...<br /> J'abuse, mais c'est fait exprès...<br /> Je regrette d'avoir vu "Les Vampires" il y a si longtemps : j'aurai tenté une de répondre point par point.<br /> En revanche, j'ai découvert récemment "Fantômas" et je me baserai sur celui-ci pour quelques remarques.<br /> - Que la caméra soit fixe et frontale n'entraîne nullement l'absence d'une mise en scène. Chez Feuillade, les plans sont régulièrement composés, notamment en insistant sur les lignes de fuite et les perspectives. Les surprises peuvent aussi survenir de n'importe quel côté du cadre.<br /> - Les sujets rocambolesques autoriseraient tous les excès dans le jeu des comédiens, or ce qui frappe chez Feuillade, c'est bien la retenue et la sobriété des acteurs.<br /> - Si Feuillade s'attarde dans les rues, c'est qu'il se plait à faire naître le fantastique et la poésie du réel. Ce mélange est, je pense, inédit, du moins à cette époque.<br /> - et puis le plaisir du récit, des relances en fin d'épisodes etc...<br /> <br /> Bref, si je puis me permettre :<br /> http://nightswimming.hautetfort.com/archive/2009/01/14/fantomas.html
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S
On finit le XXeme le siècle avant d'attaquer le XIXeme. Alors c'est vrai qu'il nous reste parfois à voir des trucs limite décevant...
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