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12 mars 2009

La Charrette fantôme (Körkarlen) (1921) de Victor Sjöström

On peut point dire que ce film du père Sjöström soit gai comme un pinson et on ressent franchement l'influence qu'il a pu avoir sur le père Bergman (sur le Shining de Kubrick également, pour une séquence, mais je m'avance peut-être un peu...). Une rédemption est-elle toujours possible même après avoir mené une vie de patachon et avoir fait souffrir ses proches ? Le gars David Holm passe de l'autre côté du miroir après avoir fait le mariole et se rend compte un peu tard de sa grosse vie de loser. Heureusement la magie du cinéma peut toujours opérer... Sjöström nous livre au passage quelques superbes séquences d'une belle poésie bien que le film soit hanté par la mort. C'est un peu mélo mais on peut dire en tout cas qu'en 1921, le gars savait déjà diablement manier sa caméra et construire un film (bon il en avait déjà réalisé une quarantaine vous allez me dire...).

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Soeur Edith, une jeune gâte de l'armée du Salut (bonjour moi c'est Shang, ça c'est fait), est sur son lit de mort (sa famille et sa collègue qui l'entourent sont toutes patraques, on a presque l'impression qu'ils jouent leur émotion au ralenti, ce qui donne d'ailleurs un certain "charme" à la séquence). Elle souhaite rencontrer une dernière fois le gars David Holm avant de pousser son dernier soupir en suédois (un truc avec sûrement plein de rrrrrööööhhh - maintenant que j'ai trouvé le code sur mon clavier, j'en profite). On fait connaissance justement avec notre David, un clodo qui, à quelques minutes de la nouvelle année, se beurre la tronche dans un cimetière avec deux acolytes alcooliques (c'était tentant), et qui se lance dans la fameuse histoire de la charrette fantôme... Il parle de son pote George - qui comme on l'apprendra plus tard, l'a entraîné dans cette vie de saoulard - un type qui racontait que le dernier gars à mourir chaque année se voyait confier la tâche infernale de conduire 365 jours sur 365 la charrette de la mort. On découvre alors cette charrette fantômatique et son conducteur tout transparent qui charge dans sa carriole un suicidé et un noyé - les noyés sont de loin les morts les plus retors puisqu'il faut aller chercher jusqu'au fond de l'océan; cela nous donne malgré tout une séquence sous-marine de toute beauté. Coup du sort, son pote George est justement mort l'an dernier dans la nuit de la nouvelle année... Son récit à peine achevé, on vient quérir notre David pour venir au chevet de Soeur Edith; ce dernier, tête de lard comme po deux, résiste, c'est le pugilat, notre David tombe comme une pierre après s'être pris une bouteille de vinasse dans le bide... La bonne nouvelle c'est qu'il recroise son vieux pote George avec sa charrette, la mauvaise c'est quand même qu'il est mort.

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Il tape la discute avec Vieux George; celui-ci se sent responsable de l'avoir entraîné au fond du trou, lui faisant mener une vie de débauche et quitter femme et enfants. David, dont l'histoire nous est contée, avait ensuite connu la prison pour se rendre compte, à sa sortie, que sa femme s'était barrée... Il lui parle (troisième flash-back, cela devient presque du vice) également de soeur Edith qui l'avait recueilli un soir à l'armée du salut et qui avait prié pour son âme - c'était il y a tout juste un an. Notre David, vraie brutasse, avait non seulement envoyé paître la chtite Edith mais l'avait aussi rendue malade à cause de tous les microbes qu'il trimballait (du lourd, le microbe suédois). Notre David continue de rester dubitatif au récit de son pote - genre, barfff, c'est la vie - et George de l'amener de force au chevet de la soeur avant qu'elle expire. Edith, face à la mort, prie encore pour le salut de ce David caché au pied du lit. La Mort, un vrai moulin à parole décidément, raconte à l'Edith en quoi ce David est un vrai vaurien. Argh, encore un flash-back. Bien qu'elle ait oeuvré pour qu'il retrouve sa femme, ce dernier, après une période d'accalmie, fut à nouveau, tous les soirs, saoul comme un cochon. Un soir d'ivresse il a même défoncé à coups de hache la porte de la chambre dans laquelle s'était réfugiée sa femme pour veiller sur les deux gosses - Jack Nicholson lui a tout piqué au gars Victor, qui interprète lui-même David. Et la Mort de montrer du doigt le gars David qui n'en mène pas large dans la chambre d'Edith. Celle-ci prie tout de même pour son salut (c'est son taff) et meurt sans même un ö - un peu déçu mais bon. On pense que le David est calmé après cela mais il n'a point bu la coupe jusqu'à la lie. La Mort l'emmène chez lui alors que sa femme s'apprête à se suicider avec les deux gosses. Il fait enfin plus du tout le malin. Mais on ne meurt peut-être que deux fois...

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Une structure narrative assez alambiquée (enfin n'exagérons rien), des séquences avec des plans relativement courts montées au taquet et une bien jolie partition (sur ma version) avec plein de petits sgrouiks de violons grinçants et des tristounes mélodies au hautbois (ou à la clarinette, je suis sourd d'une oreille et demie). On suit le parcours de ce pauvre type qui a tout fait pour tout foutre en l'air sans grande compassion - l'alcool, c'est mal (hum); heureusement que Sjöström se prend sur le fil pour Capra (on a droit aux anachronismes on a dit) pour que cette véritable leçon de vie infligée à un mort, finisse en happy end. Sûrement moins fort que Le Vent ou Larmes de Clown mais les séquences de cette charrette qui avance lentement et sûrement dans la nuit valent à elles seules le détour. Bon, demain j'arrête la bière (hahah) mais continuerai ma découverte du Victor.      

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